La BCE et la Réserve fédérale passent le témoin à la Banque du Japon

La hausse du yen consécutive aux annonces chocs de la BCE et de la Fed et les craintes sur l'économie nipponne mettent la pression sur la BoJ
Patrick Aussannaire

La Fed met le yen sous pression. Suite à l’annonce hier par la Réserve fédérale américaine d’un nouveau programme d’assouplissement monétaire, le dollar s’affaiblissait de 0,6% contre yen, à une parité de 77,60. La devise nipponne revient ainsi sur ses plus bas niveaux de février dernier, et se rapproche de la zone des 75 qui avait contraint les autorités à se porter au chevet des exportateurs du pays en intervenant sur le marché des changes.

De quoi faire réagir une nouvelle fois le ministre des Finances. Jun Azumi a en effet rappelé que «les gains récents du yen ne reflètent clairement pas les fondamentaux économique du Japon», et que «nous n’écarterons aucune mesure destinée à enrayer des mouvements jugés excessifs, et à prendre des mesures adéquates si nécessaire». Une rhétorique habituelle qui fait figure d’épouvantail pour les mouvements spéculatifs.

Et en l’absence de choc majeur, une intervention sur le marché des changes semble peu probable. Comme l’indique Citigroup, si à court terme le yen profite de mouvements spéculatifs, «à moyen terme, une nouvelle appréciation du yen est peu probable car la parité ne semble plus aussi liée aux mouvements de taux qu’auparavant». La banque estime que chaque assouplissement de la Fed de 100 milliards de dollars a un impact négatif sur la parité de 0,55 point. Les 40 milliards annoncés hier conduiraient ainsi à une appréciation du yen limitée à seulement 0,22 point.

Après leurs annonces choc, la BCE et la Fed passent le témoin à la BoJ, qui tient sa réunion mensuelle mardi et mercredi prochains. Elle «revêt une importance nettement plus décisive qu’aux précédentes réunions compte tenu de la force du yen» estime Citigroup. Si le statu quo est toujours attendu, la probabilité d’un nouveau programme de rachats d’actifs a gagné du terrain, à l’instar des mesures prises par ses consœurs. Son gouverneur, Masaaki Shirakawa, a indiqué ce matin que «la BoJ s’est engagée à conserver son programme de rachats d’actifs jusqu’à ce que le niveau de 1% d’inflation soit en vue». Et d’ajouter que «sur ce point, nous partageons les visées de la Fed».

D’autant que suite à la révision sensible à la baisse de la croissance au deuxième trimestre, le gouvernement nippon a révisé son jugement sur l’état de l’économie à la baisse pour le deuxième consécutif. «La reprise économique marque le pas» a indiqué Tokyo ce matin.

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