La BCE et la Fed songent à faire évoluer encore leur communication
Un an après le fameux «whatever it takes» de Mario Draghi, qui avait permis de ramener le calme sur les marchés de la dette souveraine, les grandes banques centrales planchent toujours sur l’évolution de l’une de leurs principales armes: la communication. Les réunions de la Fed, ce mercredi, et de la BCE et de la BoE, le lendemain, devraient être pauvres en annonces, selon les économistes. Mais elles seront l’occasion de débattre du mode de relation aux marchés.
La BCE a déjà entrepris une révolution sémantique en juillet en s’adonnant à la «forward guidance», l’orientation des anticipations d’évolution des taux d’intérêt déjà pratiquée par la Fed et bientôt par la Banque d’Angleterre.
L’institution de Francfort s’interroge par ailleurs sur la publication des minutes de ses débats, comme le font ses deux homologues. Certains de ses membres, Benoît Coeuré ou Peter Praet, s’y montrent favorables et ont fait état de discussions intensives.
A sa création, la BCE était en pointe en matière de transparence. «Elle a inventé la conférence de presse qui suit la réunion mensuelle, imitée depuis par la Fed», rappelle un proche. La publication de minutes, permise par les statuts, avait en revanche été écartée: si la position de chaque gouverneur était identifiée, elle pourrait être interprétée sous un prisme national et refléter des oppositions entre Etats au sein de la zone euro. L’argument a cependant perdu de sa force au fil du temps. Les membres du conseil prennent régulièrement la parole, et la Bundesbank a fait entendre sa voix dissonante depuis le début de la crise de la dette souveraine en zone euro.
«La publication de minutes donnerait dans la durée aux marchés une meilleure compréhension de la fonction de réaction de la BCE, estime Ken Wattret, économiste de BNP Paribas. Elle réduirait aussi leurs dépendance aux différents mots codés du communiqué mensuel, comme la ‘forte vigilance’».
Outre-Atlantique, la Fed pourrait discuter cette semaine d’une évolution de sa «forward guidance». La banque centrale a déjà dit que ses taux resteraient à zéro tant que le taux de chômage ne passera pas sous 6,5%, et qu’elle les monterait si l’inflation dépassait 2,5%. Elle pourrait abaisser le seuil relatif à l’emploi, ou préciser qu’elle ne montera pas ses taux tant que l’inflation reste sous un certain seuil, par exemple 1,5%, selon le Wall Street Journal.
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