La BCE envisage des seuils de taux pour ses achats obligataires
Lors de leur prochaine réunion prévue le 6 septembre, les gouverneurs de la Banque centrale européenne pourraient prendre une mesure inédite : fixer des seuils de taux d’intérêt pour les obligations souveraines de pays de la zone euro. L’institut d'émission interviendrait à discrétion en cas de dépassement d’un niveau déterminé du spread entre le rendement de la dette allemande et celui de pays dits périphériques. Selon le magazine allemand Der Spiegel, qui rapporte cette information, la BCE publierait immédiatement les volumes de ses achats obligataires après les avoir réalisés. Jusqu'à présent, elle communique chaque lundi les volumes de titres acquis la semaine précédente.
En agissant de la sorte, la BCE livrerait aux investisseurs une indication sur le niveau de taux qu’elle juge approprié. Elle dissuaderait ainsi le marché de tester des niveaux supérieurs, relâchant la pression sur les coûts de financement des pays en mauvaise posture. Début août, le président de la BCE, Mario Draghi, a fait part de la possibilité pour l’institut d'«entreprendre des opérations sur le marché obligataire d’une taille adéquate pour atteindre son objectif», face à des taux d’emprunt jugés «inacceptables» pour certains pays sur fond de craintes liées à la «réversibilité de l’euro».
Mais le scénario avancé par Der Spiegel plonge certains économistes dans la perplexité. Daiwa doute que la BCE opte pour une cible de spread, étant donné que «les achats obligataires potentiellement illimités qu’une telle mesure implique sont, aux yeux de la BCE, tout simplement incompatibles avec l’interdiction du financement monétaire de la dette des Etats qui figure dans le Traité de l’UE». Une critique que ne manque pas de souligner la Bundesbank. Chez Daiwa, on s’attend plutôt à ce que la BCE annonce un volume d’achats obligataires à venir.
Si la banque centrale se concentrait sur des maturités espagnoles et italiennes jusqu'à 3 ans, un objectif de volume de 15% se traduirait dans les faits par 30 milliards d’euros d’achats de dette espagnole et 78 milliards d’euros en ce qui concerne la dette italienne. Cette cible de 15% serait similaire en taille à celle adoptée par la Réserve fédérale américaine dans le cadre de son deuxième programme d’assouplissement quantitatif.
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