La BCE engage sa dernière injection de liquidités à un an
Les résultats de l’opération à douze mois à taux indexé seront connus ce matin. Les analystes s’attendent à une demande modérée des banques
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Alexandre Garabedian
Pour la dernière fois, les banques de la zone euro pourront se refinancer à un an auprès de la BCE de manière illimitée. Les résultats de cette opération à long terme (LTRO), troisième du genre après celles de juin et de septembre, seront connus ce matin. Mais à la différence des deux précédentes, le taux appliqué aux banques sera indexé sur toute la durée de vie du refinancement et non pas fixé à 1%, au niveau actuel du refi.
Les marchés de taux, assez nerveux sur la partie courte, accueillent toutefois avec calme cette perspective d’un retrait progressif du soutien de la banque centrale. Comme le rappelle Philippe-Henri Burlisson, directeur de la gestion de taux chez Groupama AM, «la surliquidité est assurée au moins jusqu’à fin juin 2010», date d’échéance de la première LTRO à douze mois. La BCE a par ailleurs bien balisé le processus. Au premier trimestre 2010, elle continuera à fournir de manière illimitée des liquidités lors de ses opérations hebdomadaires et conduira trois injections à trois mois, afin de lisser le retrait progressif des injections de maturités plus longues.
«Cela devrait maintenir l’Eonia autour de ses bas niveaux actuels (0,35%) au premier trimestre», estime Giuseppe Maraffino chez UniCredit, pour qui l’injection de ce matin n’aura pas d’effet sur le taux au jour le jour. Pour ces mêmes raisons, la plupart des analystes s’attendent à une demande modérée des banques, plus proche de celle de septembre (75 milliards d’euros) que de juin (442 milliards). La mise en place d’un taux indexé est censée décourager les opérations de portage. «Les demandes proviendront de banques qui ont des besoins effectifs de liquidités», relève donc Giuseppe Maraffino. Car en Europe, de petits établissements sont toujours exclus du marché monétaire.
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