La BCE durcit son système pour débloquer le marché des ABS
Craignant une «addiction» des banques de la zone euro à ses mesures de liquidités exceptionnelles, la BCE a durci ses exigences sur les titres adossés à des actifs (ABS) pris en pension (L’Agefi du 23 novembre). A partir de mars 2010, les nouvelles émissions d’ABS, qui servent de garantie en échange des liquidités de la banque centrale, devront être notées par au moins deux organismes externes d’évaluation du crédit reconnus, la deuxième meilleure note devant être au-dessus du seuil minimum requis par la BCE. Une règle qui s’appliquera à partir du 1er mars 2011 au stock d’ABS actuel.
Quelques jours auparavant, la Banque centrale d’Australie (RBA) avait fait savoir qu’elle réduira le montant des titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) qu’elle acceptait dans le cadre de ses opérations de repo.
Pour Deutsche Bank, la décision de la BCE vise à favoriser le retour des émetteurs sur le marché en réduisant l’attractivité de son système de repo. La banque d’outre-Rhin a évalué qu’environ la moitié des 1.200 milliards d’euros de titres aujourd’hui éligibles au repo respecterait ces exigences. Les autres nécessiteraient une deuxième notation de crédit au-dessus de la catégorie A. «Les émetteurs vont probablement chercher à obtenir des notations additionnelles pour leurs titres qui en ont besoin, mais le modèle de valorisation utilisé par la BCE pénaliserait ceux dont la nouvelle seconde meilleure note n’est pas «AAA"», explique Deutsche Bank. L'établissement ajoute que ce changement de règle vient aussi «limiter l’arbitrage d’agence de notation».
«La majorité des ABS structurés ces deux dernières n’avaient qu’une seule notation, ce qui avait pour effet de réduire le coût de structuration. Les originateurs et structureurs ont eu tendance à s’adresser aux agences les moins exigeantes», remarque SG CIB. Selon la banque française, ce nouveau critère permet à la BCE «d’aligner davantage les nouveaux produits structurés avec des produits entièrement commercialisables». Ce durcissement de ton devrait favoriser le jeu de la concurrence sur le secteur oligopolistique des agences.
La décision de la RBA constitue elle aussi une tentative louable. Avant la crise, les RMBS australiens se plaçaient facilement auprès des investisseurs européens pour leur aspect diversifiant.
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