«La BCE devrait fixer des objectifs sur ses achats de titres d’Etat»

Marie-Anne Allier, responsable euro aggregate chez Amundi
Solenn Poullennec

L’Agefi : Pourquoi attendez-vous une nouvelle baisse du refi de 0,50 point de base à six mois ?

Marie-Anne Allier : les pressions désinflationnistes vont permettre à la BCE de mettre en place une politique de quasi taux zéro en 2012. Nous attendons une baisse de son principal taux directeur à 0,5% au 1er semestre 2012 puis un statu quo en 2013. Il lui faut en effet « accommoder » l’impact récessif des plans d’austérité budgétaire. Mais il convient de noter que ce n’est pas du côté des taux directeurs, mais du côté de la liquidité qu’il faut juger du caractère plus ou moins accommodant de la politique monétaire.

Quel bilan tirez-vous des mesures annoncées lors de la dernière réunion de la BCE ?

Sur le plan de la liquidité, la BCE continue d’être particulièrement proactive, comme le montrent les mesures du 8 décembre. Cela vise surtout à encourager les banques à prêter davantage au secteur privé et à acheter des dettes souveraines des Etats en difficulté. Les opérations de la BCE viennent à point nommé atténuer les craintes sur la liquidité des banques, ce qui est très important dans le contexte actuel. Si ces mesures sur la liquidité étaient couplées à des objectifs clairs sur ses achats de titres gouvernementaux via le SMP, l’effet sur les marchés pourrait même être spectaculaire. Les banques seraient plus enclines à acheter des dettes souveraines si la BCE donnait l’exemple ! Ainsi, la baisse des taux directeurs qui devrait se poursuivre ainsi que les mesures favorisant l’accès à la liquidité des banques montrent que la BCE est fortement engagée au côté des autorités européennes dans la résolution de la crise.

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