«La BCE devrait cesser de rémunérer sa facilité de dépôt»

Eric Bourguignon, directeur général délégué de Swiss Life AM (France)
Violaine Le Gall

L’Agefi : Quelle décision la BCE peut-elle prendre pour réduire l’utilisation de la facilité de dépôt ?

Eric Bourguignon : La facilité de dépôt de la BCE est sans doute le dernier actif sans risque dont disposent aujourd’hui les banques européennes. Les sommes qui y sont déposées doivent être vues comme un trésor de guerre qui leur permettra de faire face à leurs échéances en 2012 au cas où les dysfonctionnements persisteraient sur le marché interbancaire comme sur le marché obligataire. Pour inciter les banques à réduire l’utilisation de sa facilité de dépôt, la BCE devrait donc cesser de la rémunérer, ou même l’assortir d’un taux d’intérêt négatif de façon à rendre la détention d’encaisse dissuasive. Les banques préféreraient peut-être alors augmenter leur activité de crédit plutôt que de thésauriser.

Pourquoi tablez-vous sur une remontée des taux longs britanniques ?

Les Gilts bénéficient de la politique de quantitative easing qui a été réactivée en octobre par la Banque d’Angleterre. Ils tirent également profit des déboires de la zone euro, car ils constituent une alternative aux dettes des pays appartenant à la monnaie unique aux yeux des investisseurs internationaux. Mais ces facteurs de soutien ne nous semblent pas pérennes. Les taux longs britanniques sont donc appelés à remonter car leur niveau actuel est sans rapport avec les fondamentaux du Royaume-Uni, pays dont le modèle de développement basé sur l’immobilier et les services financiers n’a d’ailleurs rien à envier à celui adopté par certains pays du sud de l’Europe.

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