La BCE cherche à calmer l’euphorie initiale provoquée par le lancement du QE
La BCE cherche visiblement à calmer le jeu. Alors que des doutes persistent sur la capacité du marché des obligations souveraines européennes à répondre aux ambitions de la BCE d’augmenter la taille de son bilan de plus de 1.000 milliards d’euros, cette dernière a annoncé hier avoir racheté pour un montant de 9,75 milliards d’euros d’obligations d’Etat de la zone euro sur la semaine dernière, la première de son programme Public Sector Purchase Programme (PSPP).
Après un démarrage en force du programme à un rythme supérieur de 50% à l’objectif quotidien de la BCE sur les trois premiers jours de la semaine dernière, la BCE a mis ses rachats en veille jeudi et vendredi derniers.
Après un ajustement spectaculaire qui a notamment vu le rendement du Bund chuter à 0,21% et l’euro à 1,045 contre dollar, les marchés ont d’ailleurs marqué une pause depuis vendredi avec des rendements stables hier, même en Grèce, et un rebond de l’euro à 1,06. «La réaction des rendements de la zone euro au lancement du QE de la BCE ne doit pas être sous-estimé. Son impact reflète un déséquilibre artificiel entre offre et demande, et il n’y a aucune raison de penser que ces ventes d’obligations seront rétablies prochainement compte tenu du rythme de rachats actuel», estime Citigroup.
Dans ce contexte, le gouverneur de la banque d’Italie, Ignazio Visco, a rappelé ce week-end que l’euro a baissé plus rapidement que prévu et que la BCE ne pourra pas «maintenir les taux d’intérêt à zéro éternellement». «Le risque d’une dépréciation trop forte de l’euro est que les investisseurs débouclent leurs positions de change et sur les obligations au moindre rebond de l’inflation, mais avant qu’elle ait eu un effet sensible sur l’activité», alerte Citigroup.
La BCE a ajouté hier avoir racheté au total 57 milliards d’euros d’ABS et 3,8 milliards de covered bond depuis octobre dernier. En outre, elle mènera jeudi sa troisième opération ciblée de refinancement à long terme (TLTRO), la première pour laquelle les enveloppes théoriques seront calculées sur la base des nouvelles références de prêt (benchmarks) et qui viendra renforcer la liquidité excédentaire.
Si CA CIB table sur une demande limitée à 30 milliards d’euros, elle précise que «cette liquidité devrait cependant profiter en grande partie aux banques périphériques, y compris des établissements de petite taille, et aura donc potentiellement un impact positif important sur le crédit et l’économie réelle».
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