La BCE affûte ses outils de réponse au risque de contagion grec
La BCE semble prête à respecter son engagement pris en juillet 2012 de faire tout ce qui est en son pouvoir, le fameux «whatever it takes», pour défendre l’euro. L’un de ses membres, Benoît Cœuré, a confirmé hier aux Echos que l’autorité ne pouvait plus exclure le scénario d’une sortie de la Grèce hors de l’euro («Grexit») et alerté sur le risque de «fragilisation» qui remettrait en question la nature et le fonctionnement même de la zone. S’il juge la réaction des marchés jusqu’ici comme «relativement modérée» et traduisant le caractère unique de la situation grecque au sein de la zone, Benoît Cœuré précise que la BCE se tient prête à avoir recours aux instruments dont elle dispose actuellement (les programmes de rachats d’actifs et l’OMT), voire même à en utiliser d’autres.
CA CIB estime ainsi que «si les rendements périphériques devaient se tendre plus violemment, la BCE pourrait soit étendre le montant ou la duration de son QE, soit ajuster ses rachats d’obligations publiques en faveur des titres périphériques en renonçant à la clé de répartition, soit lancer un programme spécifique comprenant des rachats d’actifs périphériques (obligations d’Etat, d’entreprises, ou même de tranches d’ABS plus risquées…)». L’élargissement du QE à certains pays pourrait néanmoins être considéré comme une forme de financement des Etats, et l’activation de l’OMT nécessite le soutien du MES et un engagement clair sur la soutenabilité de la dette publique, alors que la Cour de Karlsruhe n’a pas encore tranché sur la validité de l’OMT, rappelle SG CIB.
Benoît Cœuré se fonde sur la récente décision de la Cour européenne de justice concernant l’OMT et qui donne à la BCE «de larges modalités d’appréciation pour choisir ses instruments». «La BCE s’engagera à préserver la zone euro, mais uniquement si les institutions et Etats membres s’engagent à renforcer l’intégration financière (mise en place rapide de l’Union des marchés de capitaux, d’une feuille de route vers une union politique et budgétaire, engagements sur une mutualisation de dette sous conditions strictes)», souligne CA CIB. Benoît Cœuré a d’ailleurs appelé les Etats à trouver un équilibre entre «responsabilité et solidarité» en cas de «Grexit». «Si le risque de contagion sur les marchés peut être géré avec les outils adéquats, la contagion politique constitue le risque potentiel le plus dangereux et dépendra de la gestion politique de la crise grecque», alerte ainsi SG CIB.
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