La banque privée en Europe doit prendre le virage du numérique

La banque à distance s’imposera aussi dans une industrie à la rentabilité sous pression, note McKinsey dans son enquête annuelle sur le secteur.
Alexandre Garabedian

Les gérants privés européens n’échapperont pas à l’essor de la banque à distance. «La digitalisation est en train de devenir rapidement la seule manière rentable de servir le segment croissant des clients qui s’autogèrent», écrit le cabinet de conseil McKinsey dans son étude mondiale sur le secteur, publiée hier. Ces nouvelles fortunes, très bien informées elles-mêmes sur les marchés financiers, ne se voient pas encore proposer aujourd’hui d’offres sur mesure.

Plus largement, tous les clients sont demandeurs d’un accès permanent à leur gestionnaire de fortune, ou à des applications telles que des communautés d’investisseurs. «Même si les nouveaux entrants ne parviennent pas encore à gagner des parts de marché en raison de la faiblesse de leur marque ou d’un contenu d’investissement médiocre, le changement va vite arriver», note McKinsey.

L’enquête 2014 du cabinet insiste en effet à nouveau sur les profondes transformations que connaît la banque privée en Europe de l’Ouest. La lutte contre l’évasion fiscale a pénalisé les gérants offshore , comme l’indiquait fin octobre l’Association suisse des banquiers en s’appuyant sur les travaux du BCG. Au contraire, les boutiques onshore ont capté le gros de la collecte.

Le point mort ne cesse par ailleurs de monter, et s’établit désormais à 10 milliards d’euros d’encours. Certes, en 2013, la marge nette du secteur rapportée aux actifs s’est améliorée de 2 points, à 25 pb, grâce à la baisse des coûts (57 pb), le niveau des marges de revenus restant à un plus bas de 10 ans à 82 pb. Ces chiffres masquent cependant des situations bien diverses. «Une banque sur sept est restée en perte en 2013, proportion inchangée depuis deux ans, et une sur trois a enregistré une décollecte», relève l’étude. Par ailleurs, McKinsey relève pour la première fois l’existence de véritables économies d’échelle au-delà de 30 milliards d’encours gérés: chez ces gros acteurs, les coûts tombent à 44 pb, contre 53 pb pour la catégorie des gérants entre 10 et 30 milliards.

Outre le virage numérique, les banques privées européennes devront donc prendre des mesures de baisse des coûts, par exemple en sous-traitant leur informatique, et revoir leur présence offshore. McKinsey leur conseille aussi d’affiner leurs offres et leurs modèles de tarification face à des clients de plus en plus critiques sur la valeur ajoutée du service.

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