La Banque Postale AM accuse 2,4 milliards de décollecte en 2013
La banque publique a pâti de retraits sur les contrats CNP et les OPCVM grand public et poursuit la recomposition de son pôle de gestion
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Amélie Laurin
La dynamique de collecte de La Banque Postale s’est retournée en 2013. Sa principale entité de gestion, La Banque Postale Asset Management (LBPAM), a subi l’an dernier 2,4 milliards d’euros de retraits, contre des flux nets de 3,5 milliards d’euros un an plus tôt, indique à L’Agefi un porte-parole de la société. Cette contre-performance, au regard des 10,3 milliards drainés par le mastodonte Amundi, fait écho à celle de BNPP IP et Natixis AM, pénalisés par leurs actifs monétaires.
A La Banque Postale, les sorties nettes touchent principalement les contrats d’assurance vie fabriqués par CNP Assurances et gérés par LBPAM pour le réseau postal. L’activité vie, qui représente 77 % des encours de LBPAM, a enregistré environ 3,3 milliards d’euros de décollecte nette selon nos calculs, à rebours des flux positifs de 2012. C’est pourquoi le groupe a préféré communiquer hier sur une collecte nette de «900 millions d’euros hors CNP».
LBPAM a également continué à subir des sorties de capitaux sur ses fonds (OPCVM) grand public, à hauteur de 765 millions. Le segment des institutionnels et entreprises a toutefois permis de limiter la casse, avec une collecte nette de 1,665 milliard d’euros. La société a notamment levé 500 millions d’euros pour son premier fonds de dette infrastructures et immobilière et attiré 400 millions sur ses expertises obligataires crossover. En incluant l’effet marché, les encours de LBPAM ont finalement progressé de 3,2% l’an dernier, à 143 milliards d’euros fin décembre, dont 1 milliard géré par Tocqueville Finance.
En dehors du paquebot LBPAM, le pôle de gestion du groupe poursuit sa recomposition. LBPAM détient 15% de Mandarine AM mais a récemment diminué sa participation dans Delta AM, jusque-là logée dans l’incubateur AMlab en cours de dissolution. La société espère aussi boucler avant l’été la vente de ses 33,4% de Thiriet Gestion.
La Banque Postale ne détaille pas les performances de XAnge (capital-investissement) et de Ciloger (pierre papier) mais communique désormais sur celles de La Banque Postale Gestion Privée (LBP GP). Intégrée à 100% l’an dernier après le rachat de la part d’Oddo & Cie, LBP GP affiche 2,1 milliards d’euros d’encours à fin décembre (+31,2%), après une collecte nette de 380 millions d’euros portée par les mandats d’assurance vie. L’activité reste toutefois distincte de la banque privée BPE, logée dans le pôle banque de détail depuis son rachat il y a un an.
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