La Banque du Japon ne veut pas donner l’impression de monétiser la dette
Garder des taux faibles est crucial pour le Japon. Le vice-gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Kiyohiko Nishimura, a alerté ce matin sur le fait que «nous devons prendre garde que notre immense programme de rachats d’obligations n’est pas mal interprété par les marchés comme une monétisation de la dette». Ryuzo Miyao, un membre de la BoJ ayant proposé à la dernière réunion du comité d’augmenter la taille du programme de rachats d’actifs de 65.000 à 70.000 milliards de yens, s’est également inquiété du fait qu’«un accroissement des rendements des obligations d’Etat qui serait induit par une hausse des primes de risque sur les JGB, et qui ne s’accompagne pas d’une hausse des marchés actions, serait une mauvaise hausse de taux que nous devons éviter ».
Si la BoJ a semblé suivre l’exemple de la Fed américaine en conservant ses taux à zéro, en fixant un objectif d’inflation à 1% et en élargissant son programme de rachats d’actifs, Kiyohiko Nishimura a tenu à préciser qu’une opération similaire au «Twist» de la Fed était exclue. La semaine dernière, le gouverneur de la BoJ, Masaaki Shirakawa, avait déjà pris ses distances avec une politique d’assouplissement monétaire trop agressive. «Si la faiblesse des taux d’intérêt conduit à investir dans des projets qui ne sont profitables qu’à de tels niveaux de financement, cela pourrait avoir un effet adverse sur la productivité et le potentiel de croissance en favorisant l’inefficience de l’allocation des ressources». Et Ryuzo Miyao de rappeler que le programme de rachats d’actifs n’a pas vocation à financer les déficits publics.
La tentative du ministre de l’économie Jun Azumi de rediriger les 13.500 milliards d’euros d’épargne des ménages japonais vers les obligations d’Etat, est pour le moment un échec. Au dernier trimestre 2011, les ménages nippons ne détenaient que 3,09% des obligations domestiques, contre 3,2% au trimestre précédent, le plus faible ratio depuis 2005. Ils ont réduit leur détention de JGB de 12% l’an dernier, une chute record depuis 2002, alors que les dépôts progressaient de 2,2%. «Les dépôts sont nettement plus liquides» explique Credit Suisse. Et Jefferies d’ajouter que «les ménages accumulent la trésorerie et utilisent les investissements financiers pour obtenir des rendements plus élevés, et les JGB ne leur en fournissent pas». Un premier pas a été fait ce matin par le gouvernement pour l’accroissement controversé de la TVA à 10% d’ici 2015.
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