La Banque du Japon ne peut pas se permettre le luxe d’un statu quo

Les marchés attendent un assouplissement vendredi, alors que le yen est revenu à 81,41 contre dollar après un plus bas à 84,18 touché le 15 mars
Patrick Aussannaire

La BoJ n’a pas le droit de décevoir. Des sources proches citées par Reuters ainsi que les 14 économistes interrogés par Bloomberg estiment que la Banque du Japon devrait augmenter son programme de rachat d’actifs vendredi matin à l’issue de sa réunion mensuelle de politique monétaire. La banque centrale intervient actuellement à un rythme de 1.800 milliards de yens d’achats d’obligations souveraines (JGB) chaque mois pour un montant total du portefeuille de 65.000 milliards de yens (605 milliards d’euros).

La question porte à présent sur l’ampleur de l’extension. Le consensus table sur une fourchette de 5.000 à 10.000 milliards de yens, alors que Nobuyuki Nakahara, un ancien membre de la BoJ, prônait ces derniers jours une hausse de sa capacité totale de 20%, soit 13.000 milliards.

La BoJ pourrait par ailleurs relever la maturité moyenne de son portefeuille à 5 ans, comme l’a évoqué vendredi dernier le ministre japonais de l’Economie, Motohisa Furukawa, dans un entretien accordé au Wall Street Journal. «Il est de la responsabilité de la BoJ d'étudier des mesures permettant d’atteindre rapidement son objectif d’inflation de 1% et de lutter ainsi contre la déflation » a-t-il précisé.

De plus, certains économistes tablent sur une extension des achats d’ETF et d’actifs immobiliers plutôt que ceux d’emprunts d’Etat (JGB). «Une hausse de plus 5.000 milliards de yens, un recentrage vers les actifs risqués, un discours plus «colombe» signalant de nouveaux gestes à venir ou une combinaison de toutes ces mesures sont nécessaires» estime le courtier Jefferies. Le rendement des JGB à 10 ans est tombé lundi à 0,91%, son plus bas niveau depuis octobre 2010.

La BoJ a surpris les marchés en augmentant de 10.000 milliards de yens son programme de rachats d’actifs à sa réunion de février, ainsi qu’en fixant un objectif clair d’inflation à 1%. Une décision qui a contribué à la dépréciation du yen, qui a touché un plus bas de 84,18 le 15 mars dernier, ainsi qu’à la hausse de 21% de l’indice Nikkei entre mi-janvier et fin mars.

Mais sans doute grisée par cette réaction positive des marchés qui réduisait la nécessité d’une intervention imminente, la BoJ avait ensuite déçu en passant son tour lors des deux mois suivants. La sanction des marchés ne s’est pas fait attendre avec une appréciation du yen, revenu à 81,41 contre dollar, et une chute du Nikkei de 6%, à 9.561 points hier.

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