La Banque du Japon devient plus prudente sur la gestion de ses actifs étrangers
La crise de la zone euro vient d’inciter la banque centrale japonaise à adopter une politique plus conservatrice sur la gestion de ses actifs en devises étrangères. Evoquant «les récents changements sur les marchés financiers», elle souligne que la volatilité a augmenté et que la liquidité de certains actifs, auparavant considérés comme sûrs, s’est parfois détériorée.
Par conséquent, la Banque du Japon a décidé de mettre davantage l’accent sur la sécurité et la liquidité pour gérer ses actifs libellés en devises étrangères. Ils représentent 5.050 milliards de yens (48,9 milliards d’euros). Les réserves de change du Japon, qui sont gérées par le ministère des Finances, s'élèvent à 1.210 milliards de dollars. «Il y a un besoin croissant de contenir les risques de perte associées à la détention d’actifs en devises étrangères», indique l’institution dans un communiqué.
Concrètement, l’institut d'émission souhaite investir dans les dépôts auprès des banques centrales étrangères et sous forme d’obligations d’Etat affichant une liquidité et une qualité de crédit élevées. «Pour le moment, ces emprunts d’Etat doivent être principalement ceux émis par les Etats-Unis et par les grands pays européens», précise la banque centrale.
Avec sa nouvelle politique de gestion, la Banque du Japon entend non seulement éviter les pertes mais aussi disposer des fonds rapidement si une intervention est nécessaire. D’abord, ces actifs pourraient être liquidés pour venir en aide aux institutions financières japonaises si elles n’arrivaient plus à se financer en devises étrangères. L’institution évoque aussi une participation à une coopération financière internationale. «En cas de tourmente financière, il faudra du temps avant que les organisations internationales soient en mesure de prendre les mesures nécessaires. Dans une telle situation, la Banque du Japon serait préparée à fournir des devises étrangères jusqu'à ce que le soutien international soit apporté», indique la banque centrale.
Dans les faits, cette nouvelle politique ne devrait pas aboutir à un grand changement dans la composition de ses actifs en devises étrangères, précise la BoJ. Elle «montre qu’elle a un plan d’urgence si la situation grecque se détériore rapidement», analyse Atsuhsi Ito, stratégiste taux chez UBS, cité par Bloomberg.
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