La Banque d’Italie facilite le rachat de dette hybride par les banques

Elles ne seront plus obligées de remplacer les titres repris par de nouveaux instruments. Les offres pourraient donc se multiplier
Violaine Le Gall

Les banques italiennes ont désormais plus de flexibilité pour améliorer leurs ratios de capitaux propres. Pour s’aligner sur les réglementations européennes, la Banque d’Italie vient d’assouplir ses exigences entourant les rachats de titres hybrides auxquels peuvent procéder les établissements domestiques. Jusqu’ici, ces derniers devaient, lorsqu’ils lançaient un échange ou un rachat de dettes subordonnées, remplacer les titres par des instruments équivalents ou d’une meilleure qualité. Conformément à cetteréglementation, UniCredit est par exemple en train de racheter des titres subordonnés parallèlement àson augmentation de capital.

Dorénavant, les banques n’auront plus besoin d'émettre de nouveaux instruments pour remplacer ceux qui sont rachetésni d’obtenir l’aval du régulateur italien. Les rachats de titres hybrides pourront être réalisés dans la mesure où la position financière de la banque n’est pas mise en risque.

«A la suite de la réglementation italienne, les banques italiennes pourraient annoncer de nouvelles opérations de rachat tier one», estiment les spécialistes de Tullett Prebon qui avancent les noms de Banco Popolare, Banca Popolare di Milano, et Banca Monte Paschi di Siena. Ces offres leur permettront d’améliorer leurs ratios de capitaux propres. Elles seront en outre relativement faciles à financer puisque les banques peuvent utiliser à cet effet les liquidités longues empruntées à la BCE. Cet assouplissement a provoqué un rebond des banques italiennes en Bourse et de leurs titres de dette subordonnée.

Il ne devrait toutefois pas se traduire par une vague massive d’opérations de gestion du passif. Les banques italiennes pourraient encore être contraintes par le montant maximum qu’elles pourront allouer à la transaction, d’après les stratégistes crédit de BNP Paribas. «Nous estimons donc que les titres sur lesquels les banques peuvent maximiser leur profit seront remplacés en priorité», expliquent-ils. Il faudra aussi que les offres soient intéressantes pour les investisseurs. Or, la récente amélioration des conditions de marché s’est traduite par une remontée des prix des titres visés. Depuis le début de l’année, l’indice iBoxx sur les dettes subordonnées bancaires s’est détendu de 217 points de base (pb) à 614 pb, retrouvant ainsi son niveau de début juillet 2011.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...