La Banque d’Italie est prête à donner un coup de pouce au secteur bancaire
Voilà qui pourrait bien donner un sérieux coup de pouce aux banques italiennes, avant la publication des stress tests et de la revue de la qualité des actifs menés par la BCE sur les établissements financiers de la zone. Dans un rapport publié fin octobre, la banque centrale italienne a évalué la valeur de son propre capital entre 5 et 7,5 milliards d’euros, alors que sa valeur comptable inscrite dans son bilan et dans celui de ses actionnaires n’a pas évolué depuis sa création en 1936, à seulement 156.000 euros.
Cette valorisation équivaut à environ 0,4% du PIB italien, et pourrait même être sous-évaluée. Suite à sa présentation par le ministre des finances Fabrizio Saccomanni lors d’une session parlementaire, un député soutenant le gouvernement a estimé que cette valorisation était «à des années lumière de la réalité». Se fondant sur le résultat annuel 2012 de la banque centrale de 2,5 milliards d’euros, Renato Brunetta a estimé sa valeur réelle à 25 milliards, ce qui correspond à un multiple de 10 fois ses résultats.
L’enjeu est de taille puisque la Banque d’Italie est majoritairement détenue par les banques commerciales du pays. Intesa Sanpaolo et UniCredit contrôlent ainsi à elles seules 52% du capital de la banque centrale. Or, le rapport préconise que la structure des participations détenues dans la Banque d’Italie soit réformée pour tenir compte de la récente concentration au sein de son capital, et afin de faciliter le transfert d’actions entre investisseurs privés. Un nouveau régime qui permettrait en outre aux actionnaires d’espérer un taux de dividende annuel de 6% selon le rapport, contre seulement 70 millions distribués en 2012.
Une réévaluation de la valorisation de la Banque d’Italie permettrait aux banques actionnaires de renforcer la structure de leurs bilans ainsi que leurs capitaux propres. Cela nécessite cependant que les établissements puissent comptabiliser leur participation en capitaux propres réglementaires, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Fabrizio Saccomanni s’est néanmoins montré ouvert sur le sujet en indiquant que «les participations devront devenir une action financière échangeable comme celles des autres banques». Il faut dire que l’Etat italien pourrait également bénéficier de cette situation, avec des recettes fiscales supplémentaires estimées à plus d’un milliard d’euros par la presse.
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