La Banque de France renforce ses fonds propres pour faire face à la crise
Les mesures non conventionnelles de politique monétaire ont gonflé les résultats de la Banque de France (BdF). Mais ces politiques et la poursuite de la crise en zone euro ont accru les risques supportés par la banque centrale qui a décidé de continuer à renforcer ses fonds propres. «Si on avait le choix, on choisirait d’avoir des résultats moins flatteurs», a fait valoir le gouverneur, Christian Noyer.
Le résultat ordinaire avant impôt de la BdF a bondi de 43% sur un an à 8,1 milliards d’euros. Cette progression s’explique par les opérations de refinancement à trois ans de fin 2011 et début 2012 (LTRO) qui ont entraîné une hausse des revenus nets d’intérêts. Par ailleurs, la banque centrale a tiré profit des investissements dans les titres souverains à haut rendement réalisés dans le cadre du premier programme de rachat de dette souveraine (SMP). La BdF a réalisé un gain de 450 millions d’euros sur les titres grecs. Gain que l’Etat français redistribuera in fine à Athènes, comme cela avait été prévu lors du second plan de sauvetage du pays. Des détails techniques à ce sujet doivent encore être réglés. La BdF ne communique donc pas encore sur le dividende qu’elle versera à l’Etat. Son résultat net ressort à 3,15 milliards d’euros.
Dans un contexte de crise persistante et avec les politiques non conventionnelles, la BdF doit supporter plus de risques. Son bilan a ainsi été multiplié par deux entre 2007 et 2012. L’institution a donc continué en 2012 à renforcer ses fonds propres en dotant son fonds pour risques généraux de 1,85 milliard d’euros (contre 2 milliards en 2011) ce qui le porte à 5,66 milliards d’euros. Ce fonds couvre tous les risques (hors risques de change) qui ne peuvent pas être couverts par le résultat courant.
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