La Banque de France plaide pour un allongement de la durée de cotisation
Après avoir utilisé la variable des hausses d’impôts, le gouvernement doit désormais tailler dans le vif en se concentrant sur la baisse des dépenses publiques pour réduire les déficits publics. C’est le message adressé hier au gouvernement et aux parlementaires par Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France dans sa lettre introductive au rapport annuel de l’institution.
«Si les efforts ont reposé dans un premier temps sur des mesures de hausse des prélèvements obligatoires pour obtenir des résultats rapides, l’atteinte des objectifs affichés nécessite à présent de concentrer les efforts sur la dépense publique, compte tenu du niveau élevé de pression fiscale et de l’impossibilité d’augmenter les charges des entreprises sans dégrader à nouveau l’activité et l’emploi», estime Christian Noyer.
Selon lui, l’évolution de la masse salariale de la fonction publique est le facteur clé de croissance des dépenses. «L’objectif stratégique de long terme doit donc être une baisse tendancielle du nombre de fonctionnaires, qui est en France très élevé au regard de pays comparables.» En outre, ce sont «des efforts structurels qui permettront de dynamiser la croissance».
La Banque de France invite aussi le gouvernement à rééquilibrer ses comptes sociaux. A ce titre, s’agissant du système de retraite «un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un relèvement de l’âge minimum de départ paraissent inéluctables». Lors d’une conférence de presse, le gouverneur de la Banque de France a également plaidé pour la mise à contribution des retraités «à qui l’on n’a jusque-là rien demandé», a-t-il déclaré.
Or, «les études montrent qu’ils disposent de ressources largement équivalentes à celles des actifs», a justifié Christian Noyer. Il appelle ainsi à une désindexation des pensions de retraite sur l’inflation pour éviter que l’effort ne soit uniquement à la charge des actifs.
A propos de la crise dans la zone euro, Christian Noyer a salué la politique de la BCE qui a permis «d’écarter le risque d’éclatement de l’Union monétaire». Interrogé sur l’opportunité de mettre en place un taux de dépôt négatif, il a estimé qu’il sagissait d’un «débat technique très complexe qu’aucune des grandes économies mondiales n’avait jusque-là mis en œuvre». Certains petits pays comme la Suisse ou le Danemark y ont eu recours avec des résultats variables, a-t-il précisé tout en indiquant que la question restait à l’étude.
Plus d'articles du même thème
-
Salzgitter devient l’actionnaire unique du sidérurgiste HKM
Le groupe allemand, qui reprend les parts de ThyssenKrupp et de Vallourec dans leur coentreprise, prévoit de supprimer 2.000 emplois dans cette société. -
L’Autorité de la concurrence a autorisé un nombre de concentrations record en 2025
Le gendarme français de la concurrence devrait peu sanctionner cette année, après avoir prononcé pour 379 millions d’euros d’amendes l’an dernier. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux. -
BNP Paribas rempile avec But et Conforama et parie toujours sur les partenariats
Unies depuis quatre ans, les deux enseignes du marché de l’ameublement revendiquent 2 millions de clients annuels dont un tiers font appel à une possibilité de financement ou de crédit. Autant de clients possibles pour Cetelem. -
Les bases de données sur les marchés font un nouveau pas en avant
L’Autorité des marchés européenne a sélectionné mardi le fournisseur de la base de données consolidée sur les produits dérivés de gré à gré (OTC) de l’UE avec Transparent Markets Europe (TME). Les fournisseurs des bases obligataires britannique (Etrading Software) et européenne (Ediphy) ont mis fin à leur conflit en mai. Et EuroCTP lancera la commercialisation de la base actions de l’UE dans les prochains jours. -
Opale Capital accompagne l'éducation financière de ses clients
La plateforme de distribution de fonds de non coté aux particuliers, filiale de Tikehau Capital, lance Opale Academy.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- L'Ircantec va lancer plusieurs appels d'offres
- Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Séjourner à la croisée des chemins en Corse
Des aiguilles de Bavella au Sud, au Cap Corse, à la pointe Nord de l’Ile de Beauté, voici cinq bons plans pour séjourner dans des hôtels d’exception qui vous invitent à parcourir les sentiers emblématiques ou confidentiels qui les entourent. -
DilemmesPrésidentielle : qui osera réformer le modèle social ?
Le modèle social français est une bombe à retardement. Qui sera prêt à la désamorcer ? Les candidats pour 2027 se font encore timides sur les grandes décisions à prendre sur la dépense et la nature du financement -
Casse-têtePartenaires sociaux : un réservoir d'idées encore inexploité sur le financement du modèle social
Pourtant experts sur la question, syndicats et patronat peinent à se retrouver pour caler un vrai débat sur le financement du modèle social avant l’élection présidentielle