La Banque d’Australie resserre par surprise ses conditions monétaires
Après cinq mois consécutifs de pause dans le resserrement de ses conditions monétaires, la Banque centrale australienne (RBA) a pris les marchés par surprise aujourd’hui en annonçant une hausse de 25 points de base de ses taux directeurs à 4,75%, ce qui a fait grimper le dollar australien de 1 point à 0,9982 dollars américains. Se payant le luxe de mépriser le niveau de son taux de change, la Banque souhaite ainsi agir avec un temps d’avance sur les anticipations de marché dans sa politique de lutte contre l’inflation.
Une hausse moins forte que prévu de l’inflation à 2,8% au troisième trimestre, ainsi que la course à la dévaluation des monnaies locales par les pays en recherche de compétitivité internationale, avaient laissé penser à nombre d’économistes que la RBA prolongerait son statu quo monétaire. Il n’en est rien. Glenn Stevens, son gouverneur, a justifié la décision du conseil par le fait que l’économie australienne «est sujette à un large choc expansionniste» des échanges internationaux, alors qu’elle possède «des surplus de capacités relativement modestes». Et de conclure que le risque «d’une hausse de l’inflation à moyen terme demeure».
Alors que l’économie australienne est une des rares à être dans une situation de plein emploi avec un taux de chômage de seulement 5,1% (soit deux fois moins que celui des Etats-Unis et de la zone euro), et que le Fonds monétaire international prévoit une accélération de la croissance du pays à 3,5% en 2011 contre 3% cette année, cette hausse des taux démontre la confiance que possède la banque centrale dans l’activité économique. «La croissance australienne reste soutenue et elle est plus tirée désormais par la demande privée que par la dépense publique. Les perspectives d’investissement des entreprises sont, en particulier, bien orientée» estime Aurel BGC. En outre, la décision de BG Group de construire une société de gaz naturel de 15 milliards de dollars dans la province du Queensland devrait générer une offre de 5.000 emplois supplémentaires.
L’économie australienne reste ainsi très dynamique mais cependant très dépendante du secteur des matières premières et donc de l’évolution de ses prix, ce qui pourrait inciter la banque centrale à privilégier le contrôle des prix à la stimulation de l’activités at à procéder à d’autres resserrements monétaires dans les prochains mois.
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