La Banque d’Angleterre s’engage à normer ses relations avec les marchés
La Banque d’Angleterre joue la carte de la transparence. La banque centrale a dévoilé jeudi les contours d’un nouveau dispositif qui vise à réformer les relations qu’elle entretient avec la City. «Les sourcils du gouverneur et les discussions informelles ne constituent clairement plus le cadre de communication dans lequel les informations seront désormais partagées et les décisions prises», a expliqué Minouche Shafik, vice-gouverneur pour les marchés et la banque. «Les jours où «l’ambiguïté constructive» était vue comme un faire-valoir utile sont derrière nous», a-t-elle ajouté.
Concrètement, la BoE a décidé d’encadrer plus strictement ses pratiques en matière de partage et d’exploitation d’informations, qui peuvent servir à déclencher des signaux d’avertissement ou à compléter des analyses. Jusqu'à présent, ce travail était essentiellement assuré par une brigade de huit personnes au sein de la direction des marchés. Un certain nombre d’autres employés pouvaient être ponctuellement associés à ce travail en plus de leurs missions quotidiennes. Mais la banque centrale veut apporter plus de rigueur et de professionnalisme en mettant sur pied une nouvelle «division de l’intelligence de marché».
Forte de 80 collaborateurs couvrant 23 marchés, cette unité dédiée intègre des profils plus expérimentés, qui seront régulièrement formés et soumis à un nouveau code de conduite. Ses membres devront spécifier l’objet de leurs rencontres avec des traders et analystes et faire remonter tout soupçon portant sur des agissements frauduleux. Des directives écrites sur la manière de traiter l’information obtenue sur les marchés existent depuis juillet dernier seulement.
Cette refonte s’inscrit dans le cadre d’un effort de modernisation plus large, engagé par le gouverneur Mark Carney. Elle intervient après l’audit indépendant mené par Lord Grabiner à la suite du scandale des manipulations présumées du marché des changes. L’avocat s’est penché sur le rôle qu’a pu jouer la BoE dans ce dossier. Il est notamment arrivé à la conclusion que Martin Mallett, le chef du département «devises», n'était pas informé de conduites inappropriées, mais qu’il aurait dû faire remonter ce qu’il entendait des traders. Martin Mallett a dépuis été remercié pour un motif étranger à ce dossier.
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