La Banque d’Angleterre se dit prête à poursuivre son cycle de détente monétaire
Le Gouverneur de la BoE se dit toutefois encore préoccupé par le niveau de l’inflation au Royaume-Uni
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Kaysser Cherif
La pression est montée d’un cran sur la Banque centrale d’Angleterre (BoE) et sur la Banque centrale européenne (BCE) après la baisse surprise de 75 points de base des taux directeurs de la Réserve fédérale. C’est dans ce contexte que Mervyn King, le gouverneur de la BoE, a dit dans un discours à Bristol que la Banque centrale est disposée à nouveau à baisser ses taux directeurs tout en avertissant que la stabilité des prix restait un de ses objectifs majeurs. Ainsi, il a déclaré que «cette année serait une des années les plus difficiles pour la conduite de la politique monétaire depuis l’indépendance de la Banque centrale en 1997.» «L’économie britannique fait face à deux chocs, la crise du crédit qui pèse sur la croissance et les tensions inflationnistes avec la hausse des prix énergétiques et alimentaires.» Ainsi, «nous devrons faire face à une période qui sera marquée par un niveau d’inflation dépassant l’objectif de 2 % fixé par la BoE et marquée par la faiblesse de la croissance économique.»
Même si la Banque d’Angleterre a signalé qu’elle ne comptait pas avancer la réunion des 6 et 7 février du comité de politique monétaire, les commentaires de Mervin King vont probablement renforcer les prévisions d’une baisse supplémentaire des taux de la BoE de 25 points de base (pb) lors du prochain comité. Toutefois, Mervyn King, par ses préoccupations en matière d’inflation, tente également de calmer les ardeurs du marché quant à l’ampleur de ces baisses de taux. De fait, les économistes qui tablent sur une baisse de 25 point base des taux de la BoE le mois prochain après les avoir réduit pour la première fois en deux ans en décembre estiment que les taux directeurs de la Banque d’Angleterre atteindront 4,75 % en fin d’année contre 5,25 % aujourd’hui.
Mais les inquiétudes exprimées par Mervyn King quant aux implications du credit crunch sur l’économie mondiale laissent penser que la BoE mettra tout en œuvre pour limiter le ralentissement de la croissance britannique. Or, l’économique du Royaume-Uni montre déjà des signes de ralentissement. La croissance britannique devrait en effet atteindre 0,5 % au quatrième trimestre, soit le plus faible taux en deux ans, selon le consensus des économistes. Le gouvernement va d’ailleurs publier ce matin les chiffres de la croissance économique du quatrième trimestre.
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