La Banque d’Angleterre s’aménage la possibilité d’un nouvel assouplissement

Elle a certes relevé ses prévisions d’inflation à court terme, mais les a abaissées sur le long terme
Violaine Le Gall

Récession technique depuis le quatrième trimestre 2011, inflation toujours plus élevée que prévu, à 3,5% en mars, incertitudes dans la zone euro, voilà autant d'éléments que les experts de la Banque d’Angleterre (BoE) ont dû prendre en compte dans leur dernier rapport sur l’inflation, publié le 16 mai.

Résultat, dans ses projections à court terme, la banque centrale table sur une croissance moins élevée que prévu en février dernier. Le PIB devrait progresser de 0,8% en 2012 contre 1,2% attendu jusqu’ici. Elle évoque des perspectives «exceptionnellement incertaines», notamment en raison de l’impact inconnu du jubilé de la reine, des Jeux olympiques et de la situation de la zone euro. Les économistes d’ING tablent pour leur part sur une progression de 0,2% du PIB. L’institut d'émission anticipe parallèlement une inflation plus élevée, supérieure ou égale à 2,5%, contre 2% prévu dans le rapport de février.

A long terme, la BoE a, à l’inverse, abaissé ses prévisions d’inflation. L’indice des prix passera largement en dessous de l’objectif de 2% d’ici à deux ans, à environ 1,6-1,7%, contre 1,8% attendu il y a trois mois.

«Alors que, lors de sa réunion de début mai, la BoE ne s’est pas engagée dans une nouvelle phase d’assouplissement quantitatif, le sujet restera sur la table dans les mois à venir», estime James Knightley, économiste chez ING.

La Banque d’Angleterre garde ainsi des munitions. «Compte tenu de la détérioration de l’environnement au moment où le comité de politique monétaire préparait ses prévisions, ces dernières projections nous semblent être une tentative de garder toutes les options ouvertes, au cas où les risques à la baisse commenceraient à se matérialiser», analyse David Tinsley, économiste chez BNP Paribas. Concrètement, leurs prévisions leur permettront de prendre une décision rapide puisque la prévision d’inflation à long terme, inférieure à l’objectif de 2 %, laisse une marge de manœuvre pour relever le montant du programme de rachat d’actifs (APF, en anglais). Initié début 2009 et relevé pour la dernière fois en octobre 2011, il s'élève à 275 milliards de livres sterling. L'économiste de BNP Paribas évalue à 45 % la probabilité que la BoE relève le plafond de l’APF dès juin ou juillet.

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