La Banque d’Angleterre pourrait relancer son programme de rachat d’actifs
La croissance a reculé fin 2011 et des membres du comité de politique monétaire redoutent que l’inflation passe en dessous de sa cible
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Solenn Poullennec
Au vu du contexte économique morose et à la lecture des dernières minutes de la Banque d’Angleterre (BOE), un certain nombre d’analystes attendent un renforcement du programme d’assouplissement quantitatif britannique le mois prochain.
Selon le bureau national des statistiques, le PIB a reculé de 0,2% au quatrième trimestre 2011, par rapport au trois mois précédents. C’est un peu plus que ce qu’attendait le consensus avec -0,1%. La croissance a été tirée vers le bas par le secteur manufacturier (-0,9% sur la période) et celui de la construction (-0,5%), tandis que l’activité dans les services a stagné. Sur l’ensemble de l’année le PIB aurait donc tout juste progressé de 0,8%.
Il ne s’agit que de données préliminaires mais elles semblent confirmer le risque de stagnation de l’économie britannique, au moins à court terme. Dans ses estimations publiées hier, le FMI table sur une croissance du PIB de 0,6% en 2012 et 2% en 2013. «Les dépenses des ménages sont contraintes car la croissance des salaires n’a pas été aussi importante que celle du coût de la vie pendant quatre ans alors que le risque de perdre son emploi a encore augmenté», explique James Knightley, chez ING. Il veut cependant croire à un rebond dans la seconde partie de 2012, notamment grâce à des dispositions fiscales favorables aux classes défavorisées et moyennes.
La BoE pourrait aussi augmenter son programme de rachats d’actifs pour soutenir l’économie alors que la crise européenne persiste. En novembre, l’inflation sur un an est tombée à 4,8%. La BoE s’attend à ce qu’elle se réduise de 2 points de pourcentage d’ici à mars pour atteindre les environs de la cible d’inflation de 2% à la fin 2012. Mais les minutes du comité de politique monétaire des 11 et 12 janvier rapportent que «pour certains membres, les risques de ne pas atteindre la cible d’inflation signifient qu’une extension du programme de rachat d’actifs pourrait être nécessaire».
Les banquiers centraux avaient décidé en janvier de maintenir le programme à 275 milliards de livres, mais beaucoup d’analystes parient désormais sur sa prochaine relance. UniCredit s’attend ainsi à ce que la BoE annonce 50 milliards de livres de rachats d’actifs supplémentaires à la réunion des 8 et 9 février. Chez BNP Paribas, David Tinseley compte sur un achat de 75 milliards de livres de titres annoncé en février, et sur 50 milliards supplémentaires en mai.
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