La Banque d’Angleterre joue sur tous les tableaux pour relancer le crédit

Un relèvement de son programme de rachat d’actifs semble acquis pour juillet ou août. Un plan «financer pour prêter» est lancé
Violaine Le Gall

Le Royaume-Uni passe à la vitesse supérieure pour soutenir son activité économique. A cet effet, la Banque d’Angleterre est prête à agir dans plusieurs domaines. «L’assouplissement monétaire et les tentatives visant à diminuer le coût de financement des banques ne sont pas alternatifs. Nous pouvons faire les deux», a déclaré Mervyn King, le gouverneur de l’institution dans un discours en fin de semaine dernière.

Après ces déclarations, les économistes tiennent quasiment pour acquis un nouveau relèvement du programme de rachat d’actifs. Actuellement à 325 milliards de livres sterling, il sera rehaussé de 50 milliards en juillet ou, au plus tard en août, prédisent les spécialistes, à moins qu’une action coordonnée des banques centrales n’ait lieu avant pour contrer le risque grec.

L’institut d'émission va aussi relancer et assouplir un dispositif existant pour faciliter le financement des banques. L’extended collateral term repo (ECTR) qui existe depuis décembre 2011 va offrir des financements sur six mois, et non plus 30 jours, avec un spread minimum de 25 points de base (pb) contre 125 pb précédemment, en échange d’une large palette de collatéral. La première opération aura lieu le 20 juin pour un montant minimum de 5 milliards de livres sterling.

La Banque d’Angleterre a enfin présenté une mesure considérée comme innovante. Elle prépare conjointement avec le Trésor un programme «financer pour prêter». Dans ce cadre, la BoE mettra en place des swaps à long terme avec les banques qui consisteront pour ces dernières à placer en garantie des portefeuilles de prêts à la BoE en échange de quoi elles recevront du cash ou des obligations souveraines. Le taux d’intérêt fixé pour ces opérations sera «en dessous des taux de marché», et lié à l’activité de prêts de la banque au secteur non-financier.

«Bien sûr, il faut une demande des ménages et des entreprises. Toutefois, le dispositif est une tentative bienvenue pour faire baisser le coût du financement», conclut David Tinsley, économiste de marché chez BNP Paribas. L’initiative sera suivie de près à l'étranger. «Il s’agit du premier effort pour s’assurer que la détente sur la liquidité et le crédit est bien transmise au secteur non financier plutôt qu’au secteur bancaire uniquement», explique Steve Englander, responsable de la recherche change chez Citi.

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