La Banque d’Angleterre devrait relancer ses rachats d’actifs en juillet
Juillet marquera sans doute un nouveau round d’assouplissement quantitatif en Grande-Bretagne. La publication, hier, des minutes du dernier comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre accroît cette perspective, dont le sterling et les taux britanniques tiennent déjà compte. Si la BoE a opté alors pour un statu quo, le rapport de force au sein de ses neuf membres évolue en faveur d’une relance du quantitative easing (QE).
Quatre banquiers centraux ont voté début juin pour le QE. Parmi eux, le gouverneur Mervyn King, qui a changé de camp. Il fait partie des trois membres ayant plaidé pour une rallonge de 50 milliards de livres du programme de rachat d’actifs, le quatrième se limitant à 25 milliards. Le programme de la BoE, relancé une fois puis arrêté en février, atteint aujourd’hui 325 milliards de livres.
La banque centrale a déjà annoncé la semaine dernière des mesures de soutien au crédit. Elle a alloué hier aux banques la totalité des fonds (5 milliards) prévus pour sa première opération de repo étendu, baptisé ECTR. Elle a toutes les raisons de prolonger cette action par un nouvel assouplissement monétaire. L’évolution de la crise en zone euro a dominé les débats en juin, «et doit être l’une des principales causes de la conversion de Mervyn King», estime Rob Carnell, économiste chez ING. Les minutes font référence aux «rendez-vous clés à venir dans les prochaines semaines» – on pense au sommet européen des 28 et 29 juin – et la majorité a préféré attendre de voir comment la situation évolue.
Mais les données macroéconomiques en Grande-Bretagne sont tout aussi inquiétantes. Le pays est entré en récession technique au premier trimestre, avec une contraction du PIB de 0,2% qui succède à celle de 0,3% au dernier trimestre 2011. Et l’inflation ne constitue pas une menace, la BoE jugeant les risques orientés à la baisse depuis son rapport de mai.
Reste à savoir quelle taille prendrait un QE annoncé le 5 juillet. ING ou BNP Paribas tablent sur 50 milliards. «En juillet, le comité pourrait soit décider d’un programme d’un mois, jusqu’en août, qui serait probablement de 25 milliards, soit, ce que nous jugeons plus plausible, un programme courant jusqu’en novembre et qui pourrait alors atteindre 75 milliards», estime pour sa part Michael Saunders, économiste chez Citigroup.
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