La banque Credit Suisse confrontée à un problème de crédibilité
Une semaine après la publication de résultats jugés rassurants, le groupe helvétique ternit sa réputation en dévoilant de nouvelles dépréciations
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Virginie Deneuville
On pensait Credit Suisse relativement épargné par la crise du subprime, à la suite de la publication, la semaine passée, de résultats globalement rassurants dans le contexte actuel. L’horizon apparaît désormais plus assombri pour la banque helvétique, qui a annoncé mardi de nouvelles dépréciations, de 2,85 milliards de dollars. Celles-ci devraient avoir un impact de l’ordre de 1 milliard de dollars sur les comptes du premier trimestre 2008, qui resteront néanmoins bénéficiaires.
C’est dans le cadre d’une enquête - interne selon la banque, menée par KPMG selon le bureau d’études Bear Stearns - et portant sur un projet d’émission obligataire, qu’ont été découvertes des erreurs commises par «un petit nombre de traders» sur la fixation des prix dans le domaine des crédits structurés. L’évolution des marchés financiers a également joué en défaveur du groupe. Alors que les provisions portent sur l’exposition de Credit Suisse aux CMBS*, RMBS* et CDO*, sans plus de détails, une enquête devant aboutir à de plus amples informations est actuellement en cours, a indiqué le groupe à l’occasion d’une conférence téléphonique.
Après le scandale de la Société Générale, et alors que les banques ne cessent d’accumuler des dépréciations, Credit Suisse est également emporté par la tourmente du subprime et doit désormais faire face à un problème de crédibilité. «Cela est très décevant de la part de Credit Suisse qui se flattait la semaine passée d’être meilleur que les autres banques. (…) Cette annonce démontre que le groupe est tout simplement mauvais dans l’appréciation de ses difficultés», estime le bureau d’études Helvea. «Cela va ébranler la confiance au sein d’un marché déjà sceptique», renchérit Keefe, Bruyette & Woods. Dresdner, qui met en lumière «une preuve impressionnante d’absence de visibilité dans le bilan des banques d’investissement», a dégradé sa recommandation d’achat à conserver sur la valeur.
Selon certains spécialistes, Credit Suisse pourrait dès lors avoir à faire appel, à l’image de son compatriote UBS, à des capitaux externes. Brady Dougan, directeur général du groupe, s’est toutefois voulu rassurant en indiquant mardi que la banque était très bien capitalisée. Ces craintes interviennent alors que le fonds souverain du Qatar se serait invité au capital du groupe helvétique, information que ce dernier n’a pas souhaité commenter.
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