La banque centrale suisse garde son cours plancher face à la faible croissance
La Banque nationale suisse (BNS) a coupé court aux débats. A l’occasion du premier anniversaire de la fixation du cours plancher de 1,20 franc pour un euro début septembre, certains analystes discutaient de l’opportunité d’une hausse du plafond. Hier, la BNS, présidée par Thomas Jordan, a cependant maintenu son plancher et souligné qu’elle le fera prévaloir «avec toute la détermination requise» en achetant des devises «en quantité illimitée».
La BNS est d’autant plus déterminée à lutter contre le franc fort que les perspectives économiques, notamment européennes, sont moroses. Au deuxième trimestre de 2012, la croissance suisse a reculé de 0,1% et les banquiers centraux ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année à 1% (contre 1,5% en juin). Afin de soutenir les exportateurs suisses, la banque a acheté massivement des réserves de changes. Elles sont passées de 238 milliards de francs suisses en avril à 418 milliards en août.
Cependant, l’augmentation des réserves a ralenti le mois dernier et la présentation par la Banque centrale européenne d’un programme d’achat de dette de court terme a relâché la pression sur la devise. Elle était à 1,21 franc suisse pour un euro hier. «Si la pression devait se relâcher dans la zone euro, le franc suisse pourrait continuer à se déprécier de façon très graduelle, ce qui limiterait la nécessité de forcer une dépréciation du franc en relevant le cours plancher», analyse Evelyn Herrmann, économiste chez BNP Paribas.
Comme beaucoup de ses confrères, elle souligne que la banque n’a pas de raison d’abandonner sa politique compte tenu de la conjoncture morose et de la faiblesse de l’inflation. Pour la BNS, «il n’existe aucun risque d’inflation dans un avenir proche». La prévision d’inflation a été revue à la baisse à -0,6% pour 2012, à 0,2% en 2013 et 0,4% en 2014. La banque met bien en garde contre les signes de surévaluation sur les marchés immobiliers. Cependant, elle a diagnostiqué en août un possible ralentissement de ce mouvement et décidé de ne pas activer le volant anticyclique des fonds propres.
La BNS, qui a maintenu comme prévu la marge de fluctuation du Libor à 0-0,25%, s’est aussi déclarée «disposée à prendre en tout temps des mesures supplémentaires». Théoriquement, elle pourrait mettre en place un contrôle des capitaux ou fixer des taux d’intérêt négatifs. Mais ce «sont seulement des options en cas de scénario du pire», assure l’économiste d’UniCredit, Alexander Koch.
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