La Banque centrale indienne se porte au secours de la liquidité bancaire
La RBI est très active ces derniers jours. Après une appréciation de la roupie indienne dont la parité contre dollar est tombée à 49,50 en fin de semaine dernière, la banque centrale est intervenue sur le marché en achetant du billet vert au cours de 49,90. Une intervention qui a permis un quatrième recul consécutif de la devise, repassée hier au-dessus des 50 contre dollar, à 50,11.
La roupie s’est néanmoins appréciée de 8,4% depuis son plus bas historique de 54,29 atteint le 15 décembre dernier. Les 7,3 milliards de dollars d’entrées de capitaux en février attirés par des rendements supérieurs de 623 pb à leur équivalents aux Etats-Unis (contre 448 pb un an plus tôt), risquent de limiter l’efficacité des interventions de la RBI. Les investisseurs ont d’ailleurs augmenté leur détention de titres indiens de 5,2 milliards de dollars en 2012, une hausse historique à ce stade de l’année.
Confrontée à une raréfaction de la liquidité au sein du système financier, la RBI a également décidé d’étendre son programme de rachat d’actifs qui se monte à 1.100 milliards de roupies depuis novembre dernier, de 150 milliards de roupies (2,3 milliards d’euros). Une annonce qui a eu un effet relatif avec une baisse du rendement des obligations à échéance novembre 2021 limitée à 1 pb, à 8,22% hier. Les banques sont venues emprunter 1.500 milliards de roupies par jour en moyenne à la RBI, soit plus du double du plafond de 600 milliards visé par l’institution. Et ceci malgré la baisse du ratio des réserves obligatoires (RRO) de 50 pb à 5,5% le 24 janvier.
«Si nous estimons qu’il est utile d’utiliser le levier de la baisse du RRO, alors nous le ferons», a estimé l’un des membres de la RBI, Subir Gokarn, avant la prochaine réunion prévue le 15 mars, ajoutant que le sujet est «bien sur la table». Mais Subir Gokarn a également rappelé le gouvernement à ses responsabilités. «Avec une inflation toujours soutenue et la hausse des prix du pétrole, la RBI a peu de marges pour baisser ses taux. Il revient donc au gouvernement de stimuler l’investissement privé en réduisant son déficit» estime GaveKal. Or, s’il a levé 2,5 milliards de dollars grâce à la cession de 5% dans Oil & Natural Gas, les 8 milliards promis pour réduire le déficit à 4,6% du PIB d’ici fin mars ne sont pas atteints. Le déficit sur les dix premiers mois dépassait de 5,3% l’objectif pour l’ensemble de l’année fiscale.
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