La banque centrale d’Australie échoue à faire plier sa devise
Si le but de la banque centrale australienne (RBA) était de faire plier sa devise en assouplissant à nouveau sa politique monétaire, l’objectif semble manqué. Malgré la baisse des taux directeurs australiens de 25 pb à 2% concédée hier, une décision très largement anticipée par le consensus et par les marchés, le dollar australien se renforçait de 1,3% contre le billet vert, de 1,6% contre euro et de 1,5% contre le dollar néo-zélandais.
La chute de l’euro suite à l’assouplissement monétaire de la BCE n’a pas épargné l’«aussie», en hausse de 7,5% depuis décembre. La devise, toujours considéré par la RBA comme surévaluée, s’est même reprise de 3,6% contre le dollar américain depuis son plus bas de mi-avril et de 4,5% contre le «kiwi» néo-zélandais depuis seulement deux semaines. Il s’agit d’une contre-performance dans la communication de l’autorité puisque les 43 baisses de taux annoncées depuis 1990 par la RBA avaient pourtant jusqu’à présent entrainé une baisse moyenne de l’aussie de 0,62% sur le marché des changes, selon les données Bloomberg.
Citigroup précise que les positions sur le dollar australien ne sont pas actuellement survendues, avec des achats par les hedge funds depuis plusieurs semaines. La RBA a pourtant durci le ton hier sur l’évolution de sa devise en indiquant qu’«une dépréciation supplémentaire semblait à la fois probable et nécessaire, surtout compte tenu de la forte chute du prix des matières premières clé». Dans ce contexte, «les autorités ne devraient pas voir favorablement toute appréciation du taux de change qui augmenterait le risque de baisses de taux supplémentaires et constituerait un échec», estime Citigroup.
Les marchés anticipaient certes la décision de la RBA avec une probabilité de 62%, contre 40% une semaine plus tôt, tout comme 25 sur 29 économistes interrogés par Bloomberg. Pourtant, «la plus grande surprise est venue de la décision de la RBA de retirer son biais accommodant explicite», indique Citigroup. Une source de déception pour les marchés qui anticipaient à 80% une autre baisse des taux de 25 pb d’ici à la fin de l’année et qui a ainsi tiré l’aussie à la hausse. La dégradation des finances publiques suite à la chute du prix des matières premières menaçant la note AAA accordée au pays accroît en outre la pression sur la RBA pour poursuivre son cycle d’assouplissement, ajoute Goldman Sachs.
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