La banque centrale australienne tente de limiter la hausse de sa devise

La RBA a indiqué que le niveau durablement élevé du dollar australien, qui a gagné 30% contre le billet vert depuis mi-2010, pénalise l’activité
Patrick Aussannaire

La RBA durcit le ton sur les changes. «Il est possible que le niveau durablement élevé du taux de change puisse avoir un impact plus récessif sur l’économie que ce que suggèrent les données passées», a estimé son gouverneur, Glenn Stevens. Et ceci «malgré la détérioration des perspectives économiques mondiales, d’un sentiment fragile de la part des marchés internationaux, et d’une baisse du prix des matières premières». Un changement de rhétorique par rapport à ses habituels commentaires évoquant la hausse du dollar australien comme «une chose de la vie» contre laquelle les autorités n’ont pas vocation à intervenir.

La devise australienne s’est appréciée de 30% contre le billet vert et de 28% contre l’euro depuis mi-2010, et de respectivement 9% et 10% depuis début mai. Les positions nettes en dollars australiens ont atteint 7,3 milliards de dollars américains sur la semaine achevée le 7 août, selon la CFTC. Les fonds d’arbitrage ont accumulé des positions nettes de 14,6 milliards de dollars, contre 13,8 milliards sur le yen, 6 milliards sur la livre sterling et 5,6 milliards sur le dollar canadien.

Les investisseurs étrangers ont accru leur détention de titres souverains australiens à un record de 199,8 milliards de dollars locaux fin mars, soit 76% de la dette du pays, alors que les taux à 10 ans baissaient de 116 pb sur les 12 derniers mois à 3,27%. «Je ne pense pas que le dollar australien soit entré dans un phénomène de bulle spéculative, mais ceux qui en sont convaincus trouvent dans ces chiffres de quoi les conforter», estime un analyste de Citigroup.

Mais pour le moment, «la situation n’est pas suffisamment inquiétante pour justifier une intervention sur le marché des changes», selon Bank of America qui ajoute que «toute tentative de tracer une ligne dans le sable, identique à celle de la Banque nationale suisse, comporterait de sérieux risques, et des avantages incertains.» Notamment en termes d’inflation, ce qui mettrait une pression à la hausse sur les taux d’intérêt et attirerait les investissements en devises australiennes.

D’ailleurs, la RBA a révisé à la baisse ses anticipations d’inflation pour 2012 de 2,5% à 2,25%. La différence entre le rendement des obligations à 10 ans et celui des obligations indexées sur l’inflation, indicateur avancé du niveau d’inflation, est de 2,57%. La RBA a également porté ses prévisions de croissance pour 2012 de 3% à 3,75%.

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