La banque centrale australienne tente de limiter la hausse de sa devise
La RBA durcit le ton sur les changes. «Il est possible que le niveau durablement élevé du taux de change puisse avoir un impact plus récessif sur l’économie que ce que suggèrent les données passées», a estimé son gouverneur, Glenn Stevens. Et ceci «malgré la détérioration des perspectives économiques mondiales, d’un sentiment fragile de la part des marchés internationaux, et d’une baisse du prix des matières premières». Un changement de rhétorique par rapport à ses habituels commentaires évoquant la hausse du dollar australien comme «une chose de la vie» contre laquelle les autorités n’ont pas vocation à intervenir.
La devise australienne s’est appréciée de 30% contre le billet vert et de 28% contre l’euro depuis mi-2010, et de respectivement 9% et 10% depuis début mai. Les positions nettes en dollars australiens ont atteint 7,3 milliards de dollars américains sur la semaine achevée le 7 août, selon la CFTC. Les fonds d’arbitrage ont accumulé des positions nettes de 14,6 milliards de dollars, contre 13,8 milliards sur le yen, 6 milliards sur la livre sterling et 5,6 milliards sur le dollar canadien.
Les investisseurs étrangers ont accru leur détention de titres souverains australiens à un record de 199,8 milliards de dollars locaux fin mars, soit 76% de la dette du pays, alors que les taux à 10 ans baissaient de 116 pb sur les 12 derniers mois à 3,27%. «Je ne pense pas que le dollar australien soit entré dans un phénomène de bulle spéculative, mais ceux qui en sont convaincus trouvent dans ces chiffres de quoi les conforter», estime un analyste de Citigroup.
Mais pour le moment, «la situation n’est pas suffisamment inquiétante pour justifier une intervention sur le marché des changes», selon Bank of America qui ajoute que «toute tentative de tracer une ligne dans le sable, identique à celle de la Banque nationale suisse, comporterait de sérieux risques, et des avantages incertains.» Notamment en termes d’inflation, ce qui mettrait une pression à la hausse sur les taux d’intérêt et attirerait les investissements en devises australiennes.
D’ailleurs, la RBA a révisé à la baisse ses anticipations d’inflation pour 2012 de 2,5% à 2,25%. La différence entre le rendement des obligations à 10 ans et celui des obligations indexées sur l’inflation, indicateur avancé du niveau d’inflation, est de 2,57%. La RBA a également porté ses prévisions de croissance pour 2012 de 3% à 3,75%.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna. -
La cotation de SpaceX nourrit l’attractivité de l’investissement spatial
Dans le sillage de l’entrée en Bourse de SpaceX vendredi 12 juin, la «commercialisation de l’espace» va devenir économiquement viable, relèvent deux études. Plusieurs secteurs connexes s’avèrent attractifs pour les investisseurs. -
PARTENARIATSouveraineté numérique : un modèle européen à construire
Données, intelligence artificielle, infrastructures, cloud : la souveraineté numérique s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour l’Europe, à la croisée des questions technologiques, économiques et politiques. -
Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Cette fois, ce n’est pas une mutuelle santé mais la mutuelle épargne retraite Garance qui est à son tour frappée par une crise de gouvernance. L’affaire portée devant le tribunal judiciaire pourrait également conduire l’ACPR à intervenir pour ramener un peu de clarté dans les principes de gouvernance mutualistes. -
Motion Equity Partners s'empare du producteur d'oméga-3 Polaris
Motion Equity Partners acquiert la majorité du capital du producteur breton d'huiles d'oméga-3 dans le cadre d'un deuxième LBO, tandis que Seventure, premier sponsor historique, renouvelle son soutien. -
Bayer est confronté à des échéances judiciaires majeures aux Etats-Unis
La Cour suprême rendra en juillet sa décision dans l’affaire Durrell, tandis qu’un tribunal du Missouri doit avaliser le règlement amiable d’une action collective visant le groupe allemand.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Question 12Revenus : quelles décisions prendre après 50 ans ?
Quand on franchit le cap des 50 ans, la gestion de patrimoine change. Il faut anticiper la transmission sans risquer de s'appauvrir au moment de la retraite tout en finançant une éventuelle dépendance -
Guerre au Moyen-Orient : malgré l’espoir d’un accord, les Etats-Unis affirment avoir abattu des drones iraniens
Les Etats-Unis disent avoir abattu, samedi 13 juin, plusieurs drones iraniens visant des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Cet incident survient alors que Washington, Téhéran et le Pakistan affichent leur optimisme sur un possible accord de paix -
La Fabrique de l'OpinionGeorges-Louis Bouchez : « L'expérience belge démontre que le libéralisme peut gagner en France, avec les classes populaires »
Georges-Louis Bouchez : « Le MR a gagné les élections grâce à un vote populaire. Le parti auquel nous avons pris le plus d'électeurs, c'est le Parti socialiste ! Puis le Parti écologiste et le Parti communiste. Les bastions dans lesquels le MR a le plus progressé, ce sont les fiefs ouvriers »