La banque centrale australienne temporise dans son cycle d’assouplissement

Après avoir baissé ses taux directeurs de 75 pb en mai et juin derniers, la RBA a une nouvelle fois opté pour le statu quo à sa réunion hier
Patrick Aussannaire

S’agit-il d’une occasion manquée pour la banque centrale australienne (RBA)? Sa décision de laisser ses taux directeurs inchangés à 3,50% à l’issue de la réunion de son comité de politique monétairequi s’est tenue hier, après des baisses de 75 bp en mai et juin, était certes attendue par le consensus Bloomberg, mais laisse les investisseurs dubitatifs. D’autant qu’elle fait suite à la publication d’une chute surprise de 0,8% des ventes au détail en juillet, après une hausse de 1,2% en juin. Plus inquiétant pour les perspectives de consommation : les dépenses dans les grands magasins ont connu leur pire mois depuis avril 2005 avec un plongeon de 10,2%.

Dans le même temps, les résultats opérationnels bruts des sociétés australiennes ont accusé une baisse de 0,7% au deuxième trimestre achevé fin juin, alors qu’ils avaient déjà reculé de 3,7% au trimestre précédent. Hier, Fortescue Metals Group a d’ailleurs réduit ses perspectives d’investissements pour l’année fiscale 2013 de 1,6 milliard pour les ramener à 4,6 milliards. Une conséquence directe de la baisse du prix du minerai de fer, passé sous la barre des 90 dollars par tonne pour la première fois depuis fin 2009. Macquarie estime qu’une année à ces niveaux créerait des besoins de financements externes pour le groupe de 2 milliards de dollars. La RBA estime que les prix des matières premières ont baissé de 4,3% le mois dernier et de 18,5% en un an en monnaie locale.

Côté extérieur, le gouverneur de la RBA, Glenn Stevens a semblé plus pessimiste sur les perspectives de croissance en Chine: «Des indicateurs récents sont ressortis plus faibles, ce qui a ajouté aux incertitudes concernant les perspectives de croissance à court terme». Les marchés anticipent avec une probabilité de 81% que la RBA baissera ses taux de 50 pb d’ici la fin de l’année et la probabilité d’un statu quo le mois prochain est passée de 30% à 42%, Glenn Stevens continuant de juger la politique monétaire «appropriée».

Après un rebond à 1,0277 hier matin, le dollar australien est tombé à 1,0190, son plus bas niveau depuis le 25 juillet suite à la publication cette nuit d’une croissance au deuxième trimestre du PIB australien plus faible que prévue, à 0,6%. Et Glenn Stevens de souligner que «le taux de change a reculé ces dernières semaines, même s’il reste plus élevé qu’anticipé, compte tenu de la baisse du prix des exportations et du contexte global affaibli».

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