La banque centrale australienne joue la carte de la prudence
Les effets des inondations dans l’Etat du Queensland étant difficiles à évaluer en termes d’activité et d’inflation, la banque centrale australienne (RBA) a joué la prudence en maintenant son taux directeur inchangé pour la deuxième fois consécutive à 4,75% à l’issue de sa réunion monétaire qui s’est tenue hier. Son gouverneur, Glenn Stevens, s’est montré rassurant sur les pressions inflationnistes, estimant que le processus de reconstruction des zones dévastées ne devrait avoir qu’un impact limité sur la dynamique des prix. «La banque anticipe que l’inflation devrait rester en ligne avec son objectif de 2 à 3% au cours de l’année», a-t-il précisé.
Ces déclarations tempèrent celles du ministre des Finances, Wayne Swan, qui estimait que les inondations rajouteront 25 points de base (bp) à l’inflation (via la hausse des prix alimentaires) et retireront 0,5 point à la croissance du premier trimestre. «Avec une grande partie des capacités d’exportations de charbon à coke compromises, et la forte restriction de la capacité du pays à produire et acheminer le blé, les inondations constituent un choc d’offre» qui devrait attiser les pressions inflationnistes, estime la société de gestion GaveKal. A 2,7%, l’inflation au dernier trimestre 2010 avait ralenti à son plus faible niveau en 2 ans. Et d’ajouter que «le commerce extérieur australien va se détériorer dans les prochains trimestres avec un ralentissement des exportations et une hausse des importations liées à la reconstruction. Ceci devrait peser sur le dollar australien».
Ces prévisions pessimistes sur l’activité ont permis à la devise de se maintenir à la parité avec le dollar. Un niveau qui reste très au-dessus de sa moyenne des 25 dernières années, les seules fois où il a été proche de la parité furent juste avant l’éclatement de la bulle sur les matières premières en 2008, et dans les années 1970 et début 1980 quand les Etats-Unis faisaient face à une inflation galopante. Une baisse du dollar australien permettrait alors de compenser en partie le ralentissement du commerce extérieur.
Dans ce contexte, la RBA devrait continuer à piloter sa politique monétaire de manière prudente, les marchés anticipant la probabilité d’une hausse des taux de 25bp d’ici juin à seulement 16% selon Bloomberg.
Plus d'articles du même thème
-
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux. -
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Commerzbank met en scène sa riposte à UniCredit, qui poursuit ses achats
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires. -
Santiane a finalement trouvé preneur
Après plusieurs mois de prospection du marché pour trouver un acheteur prêt à prendre la suite de Latour Capital, Santiane signe avec Kereis, lui-même détenu par Advent International. -
L’association suédoise des fonds se choisit une nouvelle présidente
Josefine Degerholm a été nommée présidente de l’Association suédoise des fonds d’investissement, Fondbolagens Förening. L’intéressée est la directrice générale de Nordea Fonder. Elle succède à Magdalena Wahlqvist Alveskog. Emma Viotti, la directrice générale de Handelsbanken Fonder, fait par ailleurs son entrée au conseil d’administration de l’association professionnelle. -
L’Europe veut reprendre la main sur la question des droits de douane américains
Un accord a été trouvé sur une législation appliquant l’accord commercial signé avec les Etats-Unis, dans laquelle les Européens ont intégré des clauses destinées à limiter le pouvoir de nuisance américain.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Photo instantanéePlus de 40 % des personnes vivant en France ont un lien avec l'immigration
Chez les moins de 25 ans, les descendants d’origine africaine sont majoritaires -
EditorialEmmanuel Moulin à la Banque de France : ouf, trois fois ouf
Emmanuel Moulin sera le prochain gouverneur de la Banque de France. Ouf trois fois ouf. D’abord parce que l’homme a le cursus professionnel parfait pour succéder à François Villeroy de Galhau, dont la stature n’a jamais fait débat. Le parcours d’Emmanuel Moulin dans les hautes sphères de l’Etat lui a ouvert les postes civils les plus huppés de l’administration : diriger les cabinets de Bercy, de Matignon puis le secrétariat général de l’Elysée vous plonge dans l’urgence et les défis permanents. Diriger le Trésor vous forme à la vision large sur les enjeux de la France et sur le financement de son économie. Carton plein, augmenté d’un passage dans l’univers de la finance privée. -
CastingNouveau gouverneur de la Banque de France : Macron enchaîne la passe de quatre
Après le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et le conseil d'Etat, la nomination d'un nouveau proche d'Emmanuel Macron à la Banque de France alimente le procès en verrouillage des institutions