La banque centrale australienne joue la carte de la prudence
En maintenant ses taux directeurs inchangés à 4,75 %, elle affiche sa confiance sur la stabilité des prix et permet de limiter la hausse de sa devise
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Patrick Aussannaire
Les effets des inondations dans l’Etat du Queensland étant difficiles à évaluer en termes d’activité et d’inflation, la banque centrale australienne (RBA) a joué la prudence en maintenant son taux directeur inchangé pour la deuxième fois consécutive à 4,75% à l’issue de sa réunion monétaire qui s’est tenue hier. Son gouverneur, Glenn Stevens, s’est montré rassurant sur les pressions inflationnistes, estimant que le processus de reconstruction des zones dévastées ne devrait avoir qu’un impact limité sur la dynamique des prix. «La banque anticipe que l’inflation devrait rester en ligne avec son objectif de 2 à 3% au cours de l’année», a-t-il précisé.
Ces déclarations tempèrent celles du ministre des Finances, Wayne Swan, qui estimait que les inondations rajouteront 25 points de base (bp) à l’inflation (via la hausse des prix alimentaires) et retireront 0,5 point à la croissance du premier trimestre. «Avec une grande partie des capacités d’exportations de charbon à coke compromises, et la forte restriction de la capacité du pays à produire et acheminer le blé, les inondations constituent un choc d’offre» qui devrait attiser les pressions inflationnistes, estime la société de gestion GaveKal. A 2,7%, l’inflation au dernier trimestre 2010 avait ralenti à son plus faible niveau en 2 ans. Et d’ajouter que «le commerce extérieur australien va se détériorer dans les prochains trimestres avec un ralentissement des exportations et une hausse des importations liées à la reconstruction. Ceci devrait peser sur le dollar australien».
Ces prévisions pessimistes sur l’activité ont permis à la devise de se maintenir à la parité avec le dollar. Un niveau qui reste très au-dessus de sa moyenne des 25 dernières années, les seules fois où il a été proche de la parité furent juste avant l’éclatement de la bulle sur les matières premières en 2008, et dans les années 1970 et début 1980 quand les Etats-Unis faisaient face à une inflation galopante. Une baisse du dollar australien permettrait alors de compenser en partie le ralentissement du commerce extérieur.
Dans ce contexte, la RBA devrait continuer à piloter sa politique monétaire de manière prudente, les marchés anticipant la probabilité d’une hausse des taux de 25bp d’ici juin à seulement 16% selon Bloomberg.
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