La Banque centrale australienne glisse vers un discours plus accommodant
Dans son rapport trimestriel publié ce matin, la RBA a révisé sa prévision de croissance à la baisse à 3,5% et ouvert la porte à une baisse des taux
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Patrick Aussannaire
La RBA se fait plus accommodante. Après avoir déçu les investisseurs en laissant ses taux directeurs inchangés à 4,25% en début de semaine, la Banque centrale australienne a révisé ce matin à la baisse ses perspectives de croissance et d’inflation dans le cadre de la publication de son rapport trimestriel de politique monétaire, ouvrant la porte à une baisse des taux. L’économie australienne devrait ainsi croître à un rythme de 3,5% cette année, soit de 0,5 point de moins de moins qu’à la précédente estimation,alors que l’inflation globale devrait ralentir à un rythme annuel de 3% (contre une prévision précédente de 3,25%). En revanche, la prévision d’inflation sous-jacente reste inchangée à 2,75%. «L’inflation devrait rester autour du milieu de sa fourchette d’objectif sur les deux prochaines années», ce qui laisse «une marge de manœuvre pour un assouplissement de la politique monétaire dans le cas où les conditions de la demande s’affaibliraient significativement» indique ainsi le communiqué.
Un assouplissement qui serait le bienvenu pour relancer le marché immobilier australien, alors que plus de 90% des prêts hypothécaires sont à taux variables dans le pays. L’indice RP Data-Rismark des prix immobiliers a baissé de 0,2% en décembre, soit une baisse de 3,6% en 2011. «Il n’y a aucun doute sur le fait qu’un assouplissement des taux en 2012 serait le bienvenu pour le marché immobilier» indiquait Tim Lawless, directeur de RP Data.
Un rapport plus pessimiste qui a fait chuter le dollar australien ce matin de 0,6% contre dollar à 1,0714 et de 0,5% contre euro à 0,8078 suite à l’annonce. Ces nouvelles prévisions sont basées sur une parité de taux de change renforcée à 1,07contre dollar, contre 1,03 précédemment. Mais la RBA reconnaît l’importance du taux de change sur son économie en indiquant qu'«il reste difficile de juger de l’impact net d’un côté d’un essor historique de l’investissement dans le secteur des ressources naturelles, et de l’autre côté d’un taux de change élevé». Depuis la fin décembre, les devises à béta élevé, principalement les devises matières premières et émergentes, ont enregistré un rebond spectaculaire suite à l’amélioration de l’appétit pour le risque qui s’est aussi traduite par une hausse significative des indices boursiers. En deux mois, la devise australienne s’est appréciée de 9,1% contre dollar pour atteindre un plus haut mardi à 1,0809, et 7,6% contre euro à un plus haut de 0,8187 vendredi dernier.
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