La banque britannique Northern Rock nationalisée «temporairement»
Ni Virgin, ni les dirigeants de la banque, le gouvernement britannique a annoncé dimanche que Northern Rock serait momentanément nationalisée dans la mesure où l’intérêt du contribuable n'était pas dans une vente de cet établissement de crédit immobilier au secteur privé dans l’immédiat. Londres met ainsi un terme à cinq mois de recherche d’un repreneur privé. L'établissement reviendrait dans le privé lorsque les marchés financiers se seront stabilisés.
«Les conditions du marché s’amélioreront. Le portefeuille hypothécaire de Northern Rock est bon et je pense que ce serait une erreur pour nous de renoncer à cet actif et d’inscrire une perte dès à présent», a déclaré le ministre des Finances, Alistair Darling.Cette décision a été condamnée par les actionnaires de Northern Rock, qui craignent de ne pas s’y retrouver en termes de rendement de leur investissement.
«Le texte de loi permettra à l’Etat d’acquérir les titres et les actifs de la banque; il pourvoiera à un dédommagement qu’un expert indépendant fixera», a expliqué Darling. Il a ajouté que le dédommagement serait calculé en prenant pour hypothèse que la banque n’a pas bénéficié de 25 milliards de livres d’aides de la part de la Banque d’Angleterre.
Un consortium emmené par Virgin Group paraissait jusque là le mieux placé pour reprendre le cinquième prêteur hypothécaire de Grande-Bretagne face à une proposition concurrente soumise par l'équipe de direction de la banque.
Le gouvernement avait dit la semaine dernière aux deux postulants d’améliorer leurs offres parce qu’aucune des deux n'était intéressante pour le contribuable, concernant en particulier le remboursement des quelque 25 milliards de livres (34 milliards d’euros) de fonds publics qui avaient été prêtés à l'établissement.
Avant d’officialiser la nationalisation de la banque, Londres l’avait déjà placée dans la comptabilité publique, la classifiant comme dette publique à hauteur de 90 milliards de livres environ. Les deux candidats restants ont produit de nouvelles offres ce week-end mais en vain. Richard Branson, le patron du groupe Virgin, s’est dit «très déçu» par la décision du gouvernement.
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