La baisse trop rapide du yen devient source d’inquiétude au Japon
Le yen est-il devenu trop faible trop vite ? Après avoir fait de l’affaiblissement de la devise un objectif de politique économique et monétaire, le premier ministre japonais s’est inquiété de la rapidité récente de sa chute contre dollar, de 7,3% depuis début juillet alors qu’elle était auparavant restée à peu près stable depuis le début de l’année. Le gouvernement va «suivre très attentivement l’impact de la faiblesse récente du yen sur les économies régionales japonaises», a ainsi indiqué Shinzo Abe, emboîtant le pas à ses ministres de l’Economie et des Finances.
«Pour l’instant, comme le montre la faiblesse des exportations, le cercle vertueux de la dépréciation du yen ne s’est pas encore enclenché», estime Citigroup qui rappelle qu’elle a surtout entraîné une «hausse des coûts énergétiques qui détériore les économies locales».
Si ces déclarations ont entrainé un léger rebond du yen de 0,4% hier, la devise accuse toujours une chute de 40% contre dollar depuis septembre 2012. «Shinzo Abe cherche davantage à atténuer le rythme de baisse du yen qu’à en modifier la trajectoire», précise BNP Paribas. A 53 pb, le spread entre le rendement des obligations d’Etat américaines et japonaises à 2 ans s’est écarté de 13 pb depuis début juillet pour atteindre son plus haut niveau depuis avril 2011, du fait d’un début du processus de normalisation monétaire de la Fed anticipé mi-2015. Le yen n’a cédé que 2% contre euro depuis deux mois, avec un spread à 2 ans entre les taux des deux zones qui s’est resserré de 20 pb du fait des nouvelles mesures ultra-accommodantes prises par la BCE pour sortir la zone euro de sa trajectoire désinflationniste.
Ce constat pourrait décourager la BoJ à augmenter la taille de ses rachats d’actifs, malgré les inquiétudes pesant sur l'économie nipponne après la hausse de la TVA. «La balance des paiements japonaise devrait être un des principaux moteurs de l’évolution du yen. L’association de comptes courants stables et de sorties de capitaux a déjà entraîné la balance des paiements en territoire négatif», estime BNP Paribas qui anticipe une partité dollar-yen à 112 fin 2014, soit une dépréciation de 3%.
Le président de la Fed de New York, William Dudley, s’est inquiété pour sa part hier des conséquences de la hausse récente du dollar. Elle aura, selon lui, un impact négatif sur la croissance américaine par le canal du commerce extérieur ainsi que sur le niveau d’inflation.
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