La baisse des taux australiens pourrait retourner la tendance sur la devise
La RBA met le dollar australien sous pression. La Banque centrale du pays a annoncé mardi une réduction de ses taux directeurs de 50 points de base (pb) à 3,75%, alors que le consensus misait sur un assouplissement de 25 pb. Une décision, la plus franche depuis celle de 100 bp décidée en février 2009 et qui fait revenir les taux directeurs à leur plus bas niveau depuis début 2010, «jugée nécessaire afin de fixer le taux d’emprunt à un niveau approprié», selon son gouverneur Glenn Stevens. Et d’ajouter que d’ici un an ou deux, «l’inflation sera certainement plus faible que précédemment anticipée» et conforme à l’objectif de 2% à 3%.
S’il s’est repris hier, le dollar australien avait chuté de plus de 0,8%, à 1,0324 contre dollar, suite à cette annonce. Certains stratégistes y voient un renversement de tendance, alors que la devise australienne s’est appréciée au cours de six des sept trimestres écoulés, la faible volatilité des cours de change et des rendements sensiblement plus attractifs que ceux des autres pays développés ayant jusqu’ici favorisé l’augmentation des positions croisées en dollars australiens, notamment sous la forme d’opérations de portage (carry trades).
Selon l’indice de JPMorgan, la volatilité sur le marché des changes sur les pays du G7 a touché son plus faible niveau depuis mi-2007 à la fin du mois d’avril. «Les investisseurs se sont convertis aux stratégies de portage du fait de la faible volatilité» indique Nomura. Et JPMorgan d’avancer qu’une stabilisation de l’activité en Chine pourrait relancer l’appétit pour le risque des investisseurs. «Il est aisé de trouver les devises à vendre, avec des taux proches de zéro, mais pour avoir des rendements plus élevés, il faut aller au-delà des pays du G10» précise néanmoins la Société Générale.
Si l’achat de la devise australienne contre le billet vert a permis de dégager une performance de 25% sur un an, la société de gestion GaveKal estime qu’elle est aujourd’hui «surévaluée de 35% contre dollar en termes de parité de pouvoir d’achat, ce qui en fait la devise la plus chère des pays développés». Or, le taux 10 ans a chuté à un plus bas historique hier de 3,534%. Et si les taux restent 275 pb plus élevés que les pays du G7, les marchés tablent sur au moins 75 pb d’assouplissement supplémentaire d’ici octobre, avec une probabilité de 24% de voir les taux descendre sous les 2,75%, selon Bloomberg.
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