La baisse des spreads et le risque sur les émetteurs nous conduisent à plus de prudence
L’Agefi : Vous êtes le seul gestionnaire du panel à sous-pondérer le crédit. Quels éléments expliquent votre exposition prudente ?
Patrick Barbe : Les actifs risqués connaissent un fort rally depuis avril dans le sillage des Bourses asiatiques. Les spreads moyens de crédit ont été divisés par deux depuis leurs plus hauts et sont revenus à leur niveau d’avant la faillite de Lehman, ce qui nous conduit à plus de prudence alors que le risque émetteur est fort : le rebond de la croissance est dû à la fin du déstockage et aux aides gouvernementales. La baisse durable de la demande va peser sur les ventes et donc les marges, contribuant à dégrader le risque crédit : les agences de notation continueront à rétrograder les émetteurs. Les taux de défaut augmentent avec des taux de recouvrement plus faibles et certaines sociétés privilégient la restructuration de leurs dettes. Le fait que les banques d’investissement n’assurent plus la liquidité du marché secondaire justifie une prime. L’appétit pour des rendements attractifs des investisseurs finaux se réduit avec la baisse des spreads.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Un environnement de taux bas soutient l’attractivité du crédit à condition d’éviter les événements de crédit : nous mettons l’accent sur le choix des émetteurs et des pays. Nous surpondérons le secteur financier soutenu par les Etats et les banques centrales. Les titres subordonnés bancaires lower tier two offrent toujours des spreads attractifs pour un risque qui reste limité contrairement aux dettes upper tier two et tier one. Nous privilégions une politique active grâce au primaire qui offre toujours un surcroît de rendement par rapport au secondaire.
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