« La baisse de l’euro pourrait durcir les conditions de financement de l’économie »
Jean-Louis Mourier, chef économiste chez Aurel-BCG
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Laure Closier
L’Agefi: Quelles sont vos prévisions sur l’euro au regard de la situation grecque?
Jean-louis Mourier: A très court terme, l’euro devrait rester très volatil face au dollar. Sauf nouvel «accident», sa baisse devrait être terminée. Mais un rebond marqué ne devrait pas intervenir avant que la psychologie des investisseurs change. Aujourd’hui, leurs inquiétudes portent sur un risque de contagion de la «crise grecque» à d’autres membres de la zone euro. Ces craintes ne disparaîtront pas rapidement. Les investisseurs ont besoin d’éléments concrets qui montrent que ces risques sont exagérés. L’Espagne est parvenue à émettre la semaine dernière des titres à 5 ans et a rencontré une demande importante. Le Portugal a prévu de solliciter les marchés cette semaine, ce qui constituera un test important, alors que les fonds promis à la Grèce seront alors disponibles. Un rebond de l’euro est possible à horizon trois mois avec la dissipation de ces risques de contagion, avant de recommencer à se déprécier, pour des raisons économiques cette fois.
Quelles en seront les conséquences pour l’Europe?
La phase actuelle de dépréciation de la devise européenne peut être accueillie favorablement par les exportateurs de la zone euro. Toutefois, reflet d’une défiance des investisseurs envers la construction européenne, ce mouvement peut être déstabilisateur. Accompagnée de sorties massives de capitaux de la zone, la baisse de l’euro pourrait provoquer un durcissement des conditions de financement de l’économie. Ce risque explique l’attachement affiché par les responsables politiques à soutenir l’Union économique et monétaire.
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