La baisse de l’euro donne une bouffée d’air aux économies européennes
La baisse de l’euro devient un enjeu. Alors qu’au point de tension maximum sur les dettes souveraines l’été dernier, la monnaie unique n’était descendue qu’à 1,3176 au plus bas en octobre contre dollar, elle cède aujourd’hui près de 7% depuis un an contre un panier de devises pour atteindre son plus bas niveau depuis 2003. Contre dollar, la parité est tombée à 1,2288, à quelques encâblures du niveau atteint en juillet 2010 de 1,1923, mais surtout de celui de 1,1670 atteint en novembre 2005. Depuis le point haut de 1,5991 auquel il culminait en avril 2008 avant la faillite de Lehman Brothers, l’euro a encaissé une chute vertigineuse de 23%.
Or, 47% des exportations espagnoles étaient destinées à des pays non membres de la zone euro en 2011, et de même pour 37% des exportations portugaises. La France exporte elle à parité à l’intérieur et à l’extérieur de la zone, tandis que pour l’Irlande et l’Italie, 60% des exportations sortent de la zone euro. Même l’Allemagne exporte à 42% à l’extérieur de la zone euro, avec une hausse rapide des ventes vers le reste du monde. L’institut allemand IFO rappelle néanmoins que «les exportations des pays du Sud de l’Europe sont plus sensibles à l’effet devise que les exportations allemandes, ce qui devrait accroître l’impact positif d’un euro plus faible».
L’amélioration du commerce extérieur en zone euro, liée aux efforts menés en Europe du Sud, pourrait donc se poursuivre. Au Portugal, la hausse de 11,6% des exportations ainsi que la baisse de 3,3% des importations au premier trimestre a permis de voir le déficit commercial se réduire de 38% à 2,68 milliards d’euros, contre 4,35 milliards un an plus tôt. En Espagne, le déficit s’est réduit de 29,4% sur un an en mars à 3,245 milliards, et en France de 9% à 5,721 milliards en un mois. L’Italie a vu en avril son déficit extérieur vis-à-vis des pays extérieurs à la zone chuter de 2,52 milliards à 904 millions en un an.
L’augmentation des prix des importations entraînée par la dépréciation de l’euro a été plus que compensée par la baisse du prix du pétrole, le baril de Brent étant passé vendredi sous le seuil des 100 dollars.
Dans un contexte de récession, les pays européens ont plus intérêt à améliorer leur compétitivité-prix extérieure pour réduire leur déficit par la hausse des exportations que par la baisse des importations, beaucoup plus coûteuse en emplois, comme le rappelle Natixis.
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