La «bad bank» espagnole passe ses comptes à la paille de fer

La Sareb creuse ses pertes en 2014 après une lourde provision sur son portefeuille. Elle espère amortir 3 milliards d’euros de dette cette année.
Alexandre Garabedian

La Sareb a creusé ses pertes en 2014. La structure de défaisance mise en place en novembre 2012 pour débarrasser les banques espagnoles de leurs créances immobilières toxiques a enregistré une perte nette de 585 millions d’euros l’an dernier, contre 261 millions pour son premier exercice. Une détérioration qui intervient alors que l’éclatement de la bulle immobilière espagnole semble pourtant toucher à sa fin.

Il faut dire que la «bad bank» a passé une provision supplémentaire de 719 millions d’euros sur son portefeuille. Celle-ci vise notamment à assainir les expositions les plus risquées, comme les crédits consentis à des promoteurs, sans garantie réelle, et les titres participatifs. Sans ce provisionnement, réalisé après consultation de la Banque d’Espagne, la Sareb aurait limité sa perte nette à 45 millions d’euros.

De droit privé, contrôlée par les banques espagnoles, la structure a hérité de 50,7 milliards d’euros d’actifs à sa création, allant de terrains à bâtir jusqu’à des crédits immobiliers aux particuliers. Elle a financé le rachat de ce portefeuille en émettant un montant équivalent de dette senior garantie par l’Etat. Son objectif est de liquider ses actifs d’ici à 2027. L’an dernier, la Sareb a pu rembourser 3,4 milliards d’euros de dette, qui s’ajoutent aux 2,3 milliards de 2013. Le stock résiduel atteignait encore 45 milliards fin 2014.

«La Sareb est confiante dans sa capacité à dégager des revenus suffisants pour amortir cette année 3 milliards d’euros supplémentaires de dette», indique le groupe. La «bad bank» a engrangé 5,1 milliards de revenus l’an dernier, grâce aux intérêts touchés sur ses prêts, aux cessions d’immeubles (40 par jour en moyenne pour un total de 871 millions d’euros) et à la vente de portefeuilles de crédit à de grands institutionnels (près d’un milliard d’euros).

Sur le front des cessions d’actifs, 2015 constitue une année test. La structure de défaisance va s’appuyer sur quatre gestionnaires immobiliers qu’elle a sélectionnés: Haya Real Estate, Altamira, Servihabitat et Solvia. «Malgré la complexité technique qu’induit la migration des portefeuilles vers les nouveaux gestionnaires, la Sareb espère pouvoir maintenir cette année ses chiffres de ventes de 2014», précise son communiqué.

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