Julius Baer s’engage à nouveau sur le fructueux chemin de la croissance externe
Alors que l’intégration d’IWM touche à sa fin, la banque met la main sur la gestion privée de l’israélienne Leumi en Suisse et au Luxembourg
Publié le
Benoît Menou
Julius Baer ne prend pas le temps de souffler. Alors qu’après deux ans de transfert progressif d’actifs, l’intégration de l’activité de gestion de fortune internationale de Merrill Lynch (IWM) est «entrée dans sa phase finale», la banque privée suisse a dévoilé hier la signature d’un accord avec l’israélienne Bank Leumi. Cette dernière cède à Julius Baer un montant cumulé de 7,2 milliards de francs suisses d’actifs (5,9 milliards d’euros) au 30 juin dernier correspondant à ses activités en Suisse (5,9 milliards) et au Luxembourg (1,3 milliard), contre un montant de 56 milliards à fin juin transférés d’IWM.
Si la manœuvre est donc aujourd’hui relativement moins ambitieuse, elle démontre selon Tim Dawson chez Helvea que le modèle de développement basé sur les acquisitions de Julius Baer est toujours intact. L’analyste souligne que la liste est encore longue de banques souhaitant se défaire de leurs activités de banque privée sur certains marchés exposés au risque de litige fiscal aux États-Unis. Le transfert des actifs de Leumi devrait être achevé fin 2015.
Julius Baer tire parti de vents porteurs, ses actifs sous gestion ayant atteint à fin juin un plus haut historique à 274 milliards de francs, en hausse de 20 milliards sur le semestre écoulé sous l’impulsion d’une collecte nette de 7,5 milliards (en provenance particulièrement des marchés émergents, de Suisse et d’Allemagne) et, pour 6 milliards, de la première intégration des actifs du brésilien GPS (détention portée de 30 à 80% en mars dernier). Les efforts de réduction des coûts parallèles à l’intégration d’IWM portant en outre leurs fruits, le résultat opérationnel du premier semestre a progressé de 15% à 1,2 milliard (la marge brute a reculé de 7 points de base à 95 pb, essentiellement du fait d’IWM), pour un résultat net ajusté en hausse de 10% à 288 millions.
Julius Baer est en revanche resté sur l’état des négociations avec les autorités américaines quant aux accusations d’aide à l’évasion fiscale de clients américains. Le directeur général Boris Collardi a laissé entendre qu’une issue pourrait être trouvée d’ici quelques mois. Cette incertitude quant aux négociations outre-Atlantique n’a pas empêché les opérateurs boursiers de saluer les résultats semestriels et l’accord noué avec Leumi, le titre Julius Baer bondissant de 8,34% à 39,6 francs hier à Zurich.
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