Julius Baer est parvenu en 2011 à attirer des capitaux sur tous ses marchés
Julius Baer s’est félicité hier d’avoir pu l’an passé séduire ses clients de par le monde en dépit de «vents contraires». La banque privée suisse a affiché une collecte nette positive de 10,2 milliards de francs (8,4 milliards d’euros), correspondant, à 6%, au point haut de l’objectif de 4 à 6% des actifs sous gestion à fin 2010. Une satisfaction de taille pour la banque. Sous le coup d’effets marché (-8,1 milliards de francs) et de changes (-1,4 milliard), le total des actifs sous gestion de Julius Baer ressort néanmoins stable sur l’exercice écoulé à 170 milliards de francs.
Surtout, la banque helvétique se targue d’avoir pu engranger une collecte positive sur l’ensemble des régions du monde, avec une majorité des flux en provenance des «marchés de croissance» que sont l’Asie, la Russie et l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Amérique latine, ainsi qu’une contribution «significative» des marchés suisse et allemand.
Cette collecte est d’autant plus remarquable étant donné le différend qui oppose nombre de banques suisses, dont Julius Baer, aux autorités fiscales des Etats-Unis.
Wegelin a la semaine dernière écopé de poursuites pénales formelles, sur fond d’accusations d’aide à l’évasion fiscale de riches clients américains. Julius Baer a tenu à faire valoir sa «confiance» dans le fait de parvenir à une «solution mutuellement satisfaisante», tout en reconnaissant s’attendre à devoir verser une amende au fisc américain.
Pour autant, alors que deux tiers des dépenses contre un tiers des revenus sont libellés en franc, comme l’a souligné le directeur financier Dieter Enkelmann, les résultats financiers ont pâti l’an passé de la vigueur de la devise suisse. En 2011, les revenus ont baissé de 2% et les charges opérationnelles progressé de 7%, pour un résultat net en repli de 27% à 258 millions.
Julius Baer, qui a annoncé un nouveau programme de rachat de titres de 500 millions de francs, a également concédé une révision à la baisse de ses objectifs financiers à moyen terme. Celui concernant la marge sur le résultat imposable a été ramené à «plus de 35 points de base», contre plus de 40 pb précédemment (et 32 pb en 2011), tandis que celui lié au coefficient d’exploitation est passé de «60 à 64%» à «62 à 66%» (68% en 2011, en hausse de 2,6 points).
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