JPMorgan se laisse tenter par l’aventure de la gestion alternative brésilienne
JPMorgan passe à l’offensive au Brésil, terre de toutes les promesses au sein des marchés émergents. Selon des sources concordantes, la banque américaine s’apprête à faire part de la prise de contrôle de Gavea Investimentos, une société de gestion alternative et de capital-investissement qui dispose d’environ 6 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Une initiative qui suivrait de près celle annoncée par Blackstone, qui a mis la main sur une part de 40% du capital du brésilien Patria Investimentos.
Gavea a été fondée il y a sept ans par Arminio Fraga, un ancien président de la Banque centrale brésilienne (de 1999 à 2002) et collaborateur de George Soros. Il devrait continuer à diriger la société après l’entrée de JPMorgan à son capital. Tout comme d’autres transactions récemment annoncées dans le secteur de la gestion alternative, les négociations avaient semble-t-il été ouvertes il y a plusieurs mois, mais leur aboutissement restait suspendu à l’évolution du cadre réglementaire aux Etats-Unis. La nouvelle loi autorise désormais la détention de hedge funds, tout en limitant les sommes gérées pour compte propre.
En l’occurrence, l’acquisition serait selon le Financial Times réalisée par l’intermédiaire de Highbridge Capital Management, gestionnaire alternatif détenu par JPMorgan. Cette dernière était entrée au capital de Highbridge en 2004 avant d’en acquérir la totalité deux ans plus tard. En se plaçant ainsi avec Gavea dans le cadre exclusif de la gestion pour compte de tiers, la banque américaine respecte la loi Dodd-Franck.
Les détails financiers de l’accord devraient rester confidentiels. JPMorgan pourrait acquérir en premier lieu une part minoritaire conséquente. Le quotidien Folha de Sao Paulo croit savoir de source proche des négociations que la banque américaine va acquérir d’emblée 55% du capital avec une option pour le solde au cours des cinq prochaines années. Le quotidien avance un prix total pour Gavea pouvant atteindre 800 millions de dollars.
Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, ne fait pas mystère de ses ambitions à l’international. Seul un tiers des résultats de l’activité de gestion d’actifs est généré en dehors des Etats-Unis, ce qui est insuffisant aux yeux de la responsable de ce métier chez JPMorgan, Mary Erdoes.
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