Janus Henderson réalise deux acquisitions dans les ETF et le non coté
La société de gestion d’actifs américano-britannique va racheter le fournisseur européen d’ETF obligataires Tabula. Dans le même temps, elle s’adjoint l’équipe d’investissements privés de NBK Wealth, basée à Abu Dhabi.
Un beau doublé pour Janus Henderson. La société de gestion américano-britannique a annoncé ce jeudi 2 mai l’acquisition de Tabula et l’intégration d’une équipe de gestion de NBK Wealth, se renforçant à la fois dans les ETF et le non coté.
Avec Tabula, Janus Henderson met la main sur un fournisseur d’ETF indépendant basé à Londres, spécialisé dans l’obligataire. Fondée en 2018 par un ancien de Source, Michael John Lytle, la société gère un peu plus de 500 millions de dollars. Ses ETF sont cotés sur dix Bourses et vendus dans quinze pays.
Ce rachat va permettre au gestionnaire de renforcer son activité ETF, qui reste assez discrète bien qu’il se positionne comme le quatrième fournisseur mondial d’ETF actifs obligataire en termes d’actifs sous gestion, selon ses données. En septembre dernier, Ali Dibadj, le directeur général de Janus Henderson, reconnaissait dans une interview exclusive à L’AgefiAlpha être peu visible sur le sujet, alors que l’activité représentait près de 10 milliards de dollars. L’intégration de Tabula va surtout donner au groupe l’occasion d’exporter son activité ETF en Europe, un marché où il est absent, mais aussi dans les autres pays du monde friands de fonds Ucits. La société cible notamment l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique.
Cette acquisition s’inscrit dans le cadre de l’objectif de Janus Henderson « d’amplifier ses forces », qui constitue l’un des trois piliers de sa stratégie, qu’Ali Dibadj nous avait présenté l’été dernier. A l’époque, il confiait déjà : « il faudra que nous nous associions avec un partenaire pour distribuer nos ETF sur le Vieux Continent ».
Le gestionnaire ajoute qu’il conservera tous les produits existants de Tabula et utilisera la plateforme européenne pour lancer une gamme de nouveaux ETF actifs.
Dans le même temps, Janus Henderson va intégrer l’équipe d’investissements privés de NBK Wealth, le département de gestion de fortune de la National Bank of Kuwait Group, pour constituer une nouvelle division dédiée au non coté dans les marchés émergents. Ce transfert se traduira par l’acquisition de NBK Capital Partners, une structure qui vient d’être créée à Abou Dabi.
Fondée en 2006, l’équipe d’investissement privés de NBK Wealth a obtenu 1,1 milliard de dollars d’engagements à ce jour. Elle se spécialise dans le crédit privé et le privateequity dans les marchés émergents, incluant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Janus Henderson se dote ainsi d’une nouvelle expertise. La société de gestion investit déjà sur les marchés émergents, mais uniquement dans les actions et la dette. Janus Henderson espère que son partenariat avec NBK Wealth lui permettra d’accéder à ce marché « en pleine expansion » du non coté dans les émergents, « qui suscite un intérêt croissant de la part des États souverains et des entreprises ». En plus d’améliorer son offre, le partenariat devrait également favoriser le contact avec de nouveaux clients au Moyen-Orient et dans le monde entier, désirant investir activement dans les marchés émergents. Concrètement, Janus Henderson prévoit de lancer un certain nombre de stratégies alternatives axées sur les marchés émergents au cours du second semestre 2024.
Lui-même issu d’une fusion, Janus Henderson renoue donc avec les acquisitions, confirmant ainsi les propos d’Ali Dibadj, qui avait indiqué à L’Agefi « être ouvert à de petites et grandes acquisitions qui nous permettent de compléter notre gamme d’expertise ».
Ces annonces ont été faites alors que Janus Henderson a enregistré une nouvelle décollecte au titre du premier trimestre 2024. La société a vu sortir 3 milliards de dollars, soit un niveau similaire au dernier trimestre 2023. Ses encours ont néanmoins augmenté de 5 % sur un trimestre et de 14 % sur un an à 352,6 milliards de dollars à fin mars.
La banque allemande a saisi l’Autorité des marchés, la Bafin, concernant une annonce de sa concurrente italienne qui affirme avoir obtenu plus de 7% du capital de Commerzbank via son offre d’achat.
Guillaume Dambrine, Head of distribution ETF (France, Benelux), Franklin Templeton
Le marché européen des ETF confirme son dynamisme début 2026. La montée en puissance des ETF actifs illustre des allocations de plus en plus différenciées.
Pershing Square, le fonds du milliardaire, a cédé pour 250 millions d’euros de titres de la major musicale et aurait mis en vente la totalité de sa participation après que son offre a été rejetée par Bolloré.
Le fonds indiciel coté de Vanguard sur le S&P 500 est devenu le premier ETF à atteindre la barre des 1.000 milliards de dollars d’actifs, note le Financial Times. Connu sous le sigle VOO, le fonds a franchi ce seuil mercredi, ayant multiplié sa taille par quatre depuis 2022. Il a dépassé son rival de State Street, le SPY (un autre ETF suivant le S&P 500), aidé par un marché en hausse et d’importants flux entrants, alors que les investisseurs cherchent à s’exposer aux valeurs de l’IA.
4 juin 2026 à 6:55 AM
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