Investisseurs et émetteurs testent les effets d’une explosion de l’euro

Selon Nomura, en cas d’éclatement de l’union monétaire, beaucoup d’obligations d’entreprises financières pourraient être converties en nouvelle devise
Solenn Poullennec

Les émetteurs et les investisseurs commencent à plancher sur l’éventualité d’une division de la zone euro. Même certains régulateurs sont en alerte. «Nous tenons à ce que les banques se préparent pour toutes les conséquences chaotiques d’une crise de la zone euro. Une bonne gestion des risques suppose une préparation aux scénarios les plus graves même s’ils sont peu probables», déclarait Andrew Bailey, directeur des activités bancaires à la Financial Services Authority début novembre.

Le régulateur des marchés britannique a d’ailleurs reçu récemment les équipes de Nomura qui ont présenté leurs travaux sur l’avenir des contrats libellés en euro, en cas de sortie d’un pays de la zone, voire d’une explosion complète de celle-ci. Même si ce n’est pas leur scénario central, les analystes préfèrent s’y préparer et distinguer plusieurs cas de figure. Par exemple, si la Grèce sort de la zone euro, une obligation de droit grec devrait du coup être convertie en nouvelle monnaie nationale.

Pour les obligations de droit étranger, notamment britannique, la situation est plus complexe. Si la Grèce sort de la zone, Normura estime que la grande majorité des contrats devrait rester en euros. En revanche, si toute la zone se disloque, ils seraient soit convertis en monnaie nationale, soit en «ECU», une unité basée sur la valeur des différentes devises européennes. Pour Nomura, revenir au système qui a précédé l’euro permettrait de lever la plupart des incertitudes juridiques pesant sur les contrats.

Toujours selon les analystes de la banque japonaise, la plus grosse partie des dettes souveraines est émise sous le droit local et devrait donc être convertie dans la monnaie nationale en cas d’atteinte à la zone euro. En revanche, environ deux tiers des obligations d’entreprises financières des onze plus gros pays de la zone euro (7.300 milliards d’euros) sont de droit étranger, donc susceptibles d’être convertis en ECU ou de rester libellés en euros. Cette part tombe à un peu plus de la moitié des obligations émises pour les titres corporates non financiers (709 milliards d’euros).

Même les émetteurs commenceraient à en tenir compte. Selon Reuters, le Fonds européen de stabilité financière a envisagé d’introduire une clause dans ses contrats obligataires sur les risques d’explosion de la zone euro, avant d’y renoncer sous la pression politique.

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