Intox Tobin
N’écoutant que ses principes, la France s’est dotée cet hiver d’une taxe sur les transactions financières. A l’origine, il s’agissait au niveau du G20 de s’inspirer de la taxe Tobin, censée toucher les transactions de changes dans le monde entier, dans le but de financer le développement et lutter contre le réchauffement climatique. Le G20 l’a rejetée. Les thuriféraires de la taxe ont donc voulu l’appliquer en Europe seulement. Les Européens n’en ont pas voulu non plus. Paris et Berlin sont restés ses seuls partisans. Par une auto-intoxication très française, Paris a cru fin de créer seule la sienne, étroitement assise sur les transactions sur actions des grosses capitalisations et destinée non pas à financer les causes de développement durable mais prosaïquement à boucher les trous du budget. Berlin était censé suivre. Mais le ministre des Finances Wolfgang Schäuble vient de déclarer ce que chacun savait déjà, sauf au sommet de l’Etat français : sa mise en œuvre était vouée à l'échec dans une Europe hostile à l’idée. Une foule de problèmes techniques, assiette, taux, traitement des produits dérivés, n’était pas tranchée ni sans doute même soluble. La France sera donc le seul pays à avoir créé une telle taxe suite à la crise financière et porté atteinte au développement de son propre marché financier. De bons esprits «avancés» s’en réjouissent sans doute. Les zélateurs de la City peuvent les féliciter. Ils n’ont pas de meilleurs alliés.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques acceptent les conditions de Casino pour soutenir sa restructuration
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
La guerre au Moyen-Orient contraint la France à changer de fournisseurs de pétrole
Brut ou raffiné, le pétrole importé du Moyen-Orient s’est tari avec la guerre contre l’Iran, contraignant la France à en acheter davantage aux Etats-Unis et au Kazakhstan, mais aussi au Nigeria, à la Norvège ou à Israël. -
Valeo va rembourser par anticipation ses obligations à échéance 2027
Le montant nominal en circulation de ces obligations est de 750 millions d'euros. -
La place de Paris peine à trouver des pistes pour encadrer les organisations de la finance décentralisée
Le Haut Comité juridique de la place financière de Paris a publié un rapport mercredi 22 juillet pour donner ses premières propositions concernant un éventuel cadre juridique pour les organisations autonomes décentralisées sur la blockchain.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
- Une majorité d’ETF classés Article 8 détiennent des titres de fabricants d’armes
Contenu de nos partenaires
-
L'art de perdre« Si on double le score d’Hidalgo, ce sera un exploit » : comment toute la gauche hors LFI a intégré sa défaite en 2027
Plus que la présidentielle, jugée perdue d’avance, ce sont les législatives, voire les régionales de 2028, qui préoccupent des formations de gauche et écologistes passées en mode survie -
Fin de sessionLFI : à l'Assemblée, la stratégie de la terre brûlée
A mesure que le RN s'associe au gouvernement, LFI se construit en adversaire résolu. Dans l'hémicycle, chaque défaite est pensée comme une victoire politique au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon -
EditorialMeurtre à Crépol : regarder en face le « racisme anti-blanc »
Il ne faut pas se laisser piéger par les communautaristes patentés qui prônent une hiérarchie dans la haine raciale, ni par la clique sociologisante qui réfute ce racisme appliqué aux Blancs au prétexte qu'il ne relèverait pas d'une oppression systémique