Intox Tobin

Philippe Mudry

N’écoutant que ses principes, la France s’est dotée cet hiver d’une taxe sur les transactions financières. A l’origine, il s’agissait au niveau du G20 de s’inspirer de la taxe Tobin, censée toucher les transactions de changes dans le monde entier, dans le but de financer le développement et lutter contre le réchauffement climatique. Le G20 l’a rejetée. Les thuriféraires de la taxe ont donc voulu l’appliquer en Europe seulement. Les Européens n’en ont pas voulu non plus. Paris et Berlin sont restés ses seuls partisans. Par une auto-intoxication très française, Paris a cru fin de créer seule la sienne, étroitement assise sur les transactions sur actions des grosses capitalisations et destinée non pas à financer les causes de développement durable mais prosaïquement à boucher les trous du budget. Berlin était censé suivre. Mais le ministre des Finances Wolfgang Schäuble vient de déclarer ce que chacun savait déjà, sauf au sommet de l’Etat français : sa mise en œuvre était vouée à l'échec dans une Europe hostile à l’idée. Une foule de problèmes techniques, assiette, taux, traitement des produits dérivés, n’était pas tranchée ni sans doute même soluble. La France sera donc le seul pays à avoir créé une telle taxe suite à la crise financière et porté atteinte au développement de son propre marché financier. De bons esprits «avancés» s’en réjouissent sans doute. Les zélateurs de la City peuvent les féliciter. Ils n’ont pas de meilleurs alliés.

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