«Il n’est pas sûr que les achats de la BCE encouragent la demande de crédit»

Jean-François Robin, responsable de la stratégie chez Natixis
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Le programme d’achats d’ABS de la BCE est-il bien calibré ?

- Jean-François Robin : Le principal intérêt du programme d’achat d’ABS (ABSPP) est de permettre d’injecter de la liquidité via des instruments liés directement à l’économie. L’effet sur le marché ne sera pas si différent d’un programme d’achats de titres souverains via des effets de portefeuille. Or, acheter des dettes des Etats, qui sont à de très bas niveaux de taux, semble moins intéressant pour l’économie réelle. La question centrale reste celle des montants que la BCE va pouvoir acheter. Le stock d’ABS européens est potentiellement de 690 milliards d’euros mais seulement 400 milliards d’euros sont éligibles aux achats de la BCE en fonction de ses critères (origine, notation, emprise, etc.). La réussite dépendra de la capacité de l’ABSPP à ranimer le marché primaire, et donc les prêts à l’économie, alors que le stock d’ABS s’est réduit de 40% depuis 2010. En couplant à des achats d’obligations sécurisées et aux TLTRO, la BCE espère ainsi injecter jusqu’à 1.000 milliards d’euros ce qui permettra juste de retrouver le niveau de taille de bilan de début 2012. Pas certain que cela suffise à encourager la demande de crédit, qui reste le problème principal, ni que cela fasse remonter l’inflation.

- Quand voyez-vous la Banque d’Angleterre (BoE) commencer à remonter ses taux ?

- La BoE ne devrait pas monter les taux avant début 2016. L’inflation reste basse, les salaires peinent à repartir et l’économie britannique serait fortement fragilisée en cas de resserrement monétaire, qui reviendrait sur les effets de richesse qui ont permis le rebond, notamment immobilier, récent.

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