«Il ne faut pas condamner la convergence comptable par principe»
Président des Trustees de la Fondation IFRS depuis le début de l’année, Michel Prada dévoile à L’Agefi ses priorités
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J. Marais et S. Poullennec
L’Agefi : Les Américains n’ont toujours pas dit vouloir adopter les normes comptables internationales IFRS. Faut-il s’inquiéter ?
Michel Prada: Cette affaire doit être traitée avec patience. Pour les Américains, adopter les IFRS est un changement politique et technique extrêmement lourd. Je ne crois pas qu’il faille dramatiser. S’il devait apparaître que les Etats-Unis ne souhaitent pas bouger par rapport à la situation actuelle, la question de la gouvernance et de la présence des Américains dans les instances de standardisation pourrait se poser. Mais je pense que ce problème ne se pose pas dans l’immédiat.
La convergence avec des normes américaines plus favorables à la juste valeur se fait-elle au détriment des Européens ?
La convergence n’est pas un objectif en soi, c’est une méthode pour progresser vers un standard commun, il ne faut pas la condamner par principe. Il y a toute une série de domaines où la convergence s’est réalisée, sans imposer un standard ou l’autre, mais par la recherche d’une solution acceptée par les deux parties. Même sur le sujet de la juste valeur, on a pu observer des rapprochements. Il faut trouver des solutions acceptables pour tous, et pas seulement dans le cadre transatlantique, alors qu’il existe des structures d’économies très différentes.
Est-ce au président de l’IASB (International Accounting Standards Board) de critiquer la façon dont des banques valorisent la dette souveraine ?
Je n’étais pas encore en fonction donc je ne veux pas commenter son appréciation. Cependant, l’hétérogénéité des positions prises sur la valorisation des dettes souveraines est troublante. Un normalisateur ne contrôle pas la façon dont le standard est mis en œuvre, mais pour rendre tout cela un peu plus cohérent, les Trustees réfléchissent à la façon de resserrer les liens avec les normalisateurs nationaux, les régulateurs de marchés, les autorités de surveillance des auditeurs, les auditeurs et les régulateurs prudentiels.
Pour certains, l’IASB n’est pas représentatif, qu’en pensez-vous ?
Je ne partage pas cette analyse. Les Trustees ont déjà élargi le Board à 16 membres, d’origines géographiques et professionnelles équilibrées. Nous réfléchissons à d’autres évolutions, notamment à faire appel à des membres à temps partiel. Il ne faut pas non plus que le Board soit trop large pour décider. Nous publierons bientôt les conclusions de notre réflexion stratégique. Nous sommes satisfaits du système à trois tiers, avec l’IASB qui élabore les normes de façon indépendante, les Trustees qui contrôlent le processus et le Monitoring Board qui supervise l’ensemble.
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