«Il faudrait des indicateurs en forte dégradation pour une baisse du refi»
L’Agefi : Que retenez-vous de la réunion de la BCE ?
Sébastien Ribeau : Le ton de Mario Draghi était résolument plus optimiste malgré des révisions à la baisse de la croissance du PIB de la zone euro par rapport à décembre, avec un milieu de fourchette ramené à -0,1% contre +0,3%. L’impact sur les marchés de la première LTRO (injection de liquidités) 3 ans et le succès de la deuxième ont contribué à soulager les marchés. La mise en place des plans d’austérité, l’accord concernant la dette grecque et la volonté affichée des Etats de la zone euro de maîtriser leur budget y ont également contribué. Deux éléments supplémentaires militent dans le sens d’un statu quo de la politique monétaire. D’abord, les perspectives d’inflation ont été revues à la hausse à 2,4% contre 2,0% pour 2012. L’inflation devrait cependant converger vers sa valeur cible en 2013. Deuxièmement, la BCE, après plusieurs mois d’un fort activisme, place désormais la balle dans le camp des Etats. En conséquence, il faudrait des données macroéconomiques en forte baisse par rapport aux attentes pour justifier une nouvelle baisse du refi. Dans cette hypothèse, celle-ci aurait pour avantage de réduire le coût des LTRO mais n’aurait pas d’effet notable sur l’Eonia hormis dans le cas d’une baisse parallèle du taux de dépôt aujourd’hui à 0,25%.
Que pensez-vous de la baisse des rendements des titres italiens et espagnols ?
Elle reflète en grande partie l’intérêt des banques suite à la première LTRO. D’après les données BCE, les institutions bancaires ont acheté en janvier près de 50 milliards d’euros d’emprunts d’Etat, dont 20 milliards d’Italie et 23 milliards d’Espagne.
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