« Il faudra savoir se méfier du risque de contagion souverain »
Samir Bederr, gérant analyste à La Banque Postale Asset Management
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Tân Le Quang
L’Agefi : En février, vous êtes plus prudent en termes d’exposition et de perspectives à 1 mois. Pour quelles raisons ?
Samir Bederr : Après une année 2009 euphorique et des spreads en constant resserrement, il est logique que le marché marque une pause. Les primes d'émissions primaires, très généreuses encore récemment, ont disparu par rapport au marché secondaire. Enfin, les intervenants sur le marché du crédit doivent apprendre à composer avec un risque nouveau pour eux: le risque souverain. Pour la première fois, la dégradation de la dette d’un Etat de la zone euro, la Grèce en l’occurrence, entraîne une défiance plus générale sur les entreprises du sud de l’Europe. La qualité intrinsèque de l’entreprise, notamment sa solidité financière ou son bilan d’activité, devient secondaire par rapport au risque de l’Etat où elle réalise ses activités. Ce thème nouveau de «risque souverain» va très certainement perdurer pendant longtemps, car un pays, même s’il prend des mesures radicales, ne peut redresser ses finances du jour au lendemain.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie d’investissement ?
Il faudra savoir se remettre en cause et adapter ses grilles d’analyse sur le crédit. Les moteurs de performances de 2009 ont disparu au profit de nouveaux. La dette subordonnée financière par exemple, ne devrait plus constituer un thème majeur. Il faudra savoir se méfier du risque de contagion souverain, tout en investissant au moment où nous aurons l’impression d’une exagération de marché au regard des fondamentaux de l’entreprise considérée. En primaire, priorité sera donnée aux émetteurs dont l’activité est géographiquement diversifiée pour mitiger le risque souverain et améliorer la granularité des portefeuilles.
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